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L’été au vert

La précédente campagne estivale surlignait l’absence de mer… En 2022, Nancy confirme son
Adolescente, je voyais l’été comme l’exaltation des sens, la flemme assumable, la tentation du néant, le voyage-plaisir, une forme de culpabilité due à l’absence totale de contraintes temporelles et spatiales. Je bronzais, lisais, travaillais peu, dansais, sortais, rencontrais… En grandissant, le poids des responsabilités a rendu la période estivale moins magique, même si rituellement attendue. 
Définitivement devenue grande, je me demande comment l’ado/jeune adulte d’aujourd’hui (et que je n’étais pas), si conscient des grands enjeux de notre temps, ultra-connecté aux bouleversements collectifs que nous vivons, peut conserver cette part de naïveté indispensable à « profiter » de l’été et, plus largement, de la vie. Les grandes chaleurs chaque-année-plus-précoces succédant à des hivers-toujours-moins-froids généralisent l’écoanxiété (l’hyperconscience des catastrophes environnementales à venir) ambiante.
Et comment pourrait-il en être autrement ?
Alors si on ne peut pas s’arrêter de vivre, on peut au moins s’autoresponsabiliser et… bronzer moins pour réfléchir plus, bien choisir ses lectures, danser pour la pluie, sortir mais pas loin, rencontrer et s’engager. On peut s’écoresponsabiliser, et faire de cette lucidité nouvelle le socle d’un changement programmé.
De Toul à Lunéville, du Bassin de Pompey aux rives de Meurthe, de Verdun à La Bresse, de Fraispertuis à Bar-le-Duc, agissons, collectivement, pour un avenir plus vert !
(Et puis l’autobronzant, ça marche aussi.) Bel été ! 

Cécile Mouton