Jardin du Michel : le sens de la fête

18
gnik.fr

Il a fêté ses 20 ans en grandes pompes l’an dernier… Du 22 au 24 mai, le 21e Jardin du Michel revient pour trois jours de concerts et de nouveautés.

Têtes d’affiches et découvertes

Fidèle à son ADN, le festival mixe les esthétiques, et mise sur un savant mélange de têtes d’affiche fédératrices, d’artistes incontournables et de nouvelles découvertes. Côté grands noms, l’électro sera notamment représentée par Ofenbach avec son show Cloned Live, tandis que la fanfare techno allemande Meute promet une ouverture explosive. Louis Bertignac viendra rappeler les grandes heures de Téléphone, quand le duo pop Lilly Wood and The Prick célèbrera avec le public vingt ans d’existence et de talent.

La programmation assume aussi un goût pour les artistes populaires capables de faire chanter tout un public. Magic System transformera le site en immense piste de danse avec ses tubes intergénérationnels, tandis que Sniper et les Nèg’ Marrons ramèneront le public à l’âge d’or du rap français. À leurs côtés, une nouvelle génération d’artistes inétiquetables : Adèle Castillon, Yamê, Zélie ou encore St Graal.

Le festival reste également fidèle à sa tradition de découvertes. Sur la scène de la Cabane, plusieurs talents émergents feront leurs premiers pas devant le public du Michel, parmi lesquels Luiza, Vernis Rouge ou Tracy de Sà. Des artistes électro reconnus (Beat Torrent, Roland Cristal, Michel Hubert) et des talents régionaux seront aussi mis en lumière, notamment à travers le Tremplin du Michel.

Au-delà des concerts, cette 21e édition introduit une nouveauté notable ! 

Un nouvel espace scénique pensé comme un lieu de vie. Destiné aux campeurs dans la journée et transformé en dancefloor la nuit, cet espace immersif s’inspire de formats type boiler room, qui place le public autour des artistes. Objectif ? Prolonger la fête et enrichir l’expérience.

Tout cela montre que, deux décennies plus tard, le Jardin du Michel n’a rien perdu de son sens de la fête. Au Michel, on vient pour danser, pour chanter, pour expérimenter, pour partager !


La « Michellaneous » est à vous !

Implantée entre site et camping, la nouvelle scène Michellaneous vient enrichir l’expérience des habitués du Jardin du Michel.

© gnik.fr

« Il manquait un rendez-vous un peu tardif pour celles et ceux qui ont encore envie de danser », explique Alex Quentin, membre de l’organisation. C’est qu’au Michel, tout le monde ne vit pas le festival de la même manière. Certains se retrouvent devant la grande scène pour les têtes d’affiche, d’autres explorent la programmation plus pointue de la Cabane. Et puis il y a celles et ceux qui viennent autant pour la musique que pour l’ambiance, l’expérience collective et les nuits qui s’étirent. La Michellaneous a été pensée pour ces festivaliers-là.

L’espace fonctionne comme un véritable lieu de vie

L’après-midi, il accueille des jeux et un espace chill. En début de soirée, place aux silent parties : jusqu’à 500 festivaliers équipés de casques peuvent écouter simultanément trois DJs différents et choisir leur canal sonore. Une manière ludique et immersive de lancer la soirée.

La musique reprend ensuite après le dernier concert de la grande scène pour les noctambules infatigables (La Michellaneous fonctionne jusqu’à 4h le vendredi, 3h30 le samedi et 2h30 le dimanche). L’objectif est de concentrer l’énergie festive dans un espace dédié, sans perturber le calme du camping pour celles et ceux qui souhaitent se reposer.

Biga*Ranx © DR

Une programmation exigeante

L’affiche se veut à la fois locale et exigeante. Le vendredi mettra à l’honneur trois collectifs électro et techno du territoire à l’esthétique forte. La nuit se conclura avec DJ Pone, figure majeure de la scène électro française. Le samedi, deux collectifs du Grand Est feront vibrer le chapiteau entre reggae et dub, influences roots et sonorités plus contemporaines. DJ Kunta et la chanteuse Maddy V, accompagnée de Charly P, complèteront l’affiche.

Le dimanche, place à des DJs venus de Moselle et de Meurthe-et-Moselle, avec des sets aux influences rock. La soirée s’achèvera avec DJ Vadim, figure internationale du hip-hop et du reggae, accompagné du chanteur britannique JMan. Chaque soirée mettra en avant une DJ femme, un choix assumé par l’organisation pour renforcer la représentation féminine sur scène.

Le lieu accueillera par ailleurs plusieurs animations

Le dimanche matin, les festivaliers reprendront des forces avec une Electro Brunch Party imaginée par le projet Crête et Moustache. La veille, le Big Karaoké Orchestra by Jean-David Harmony encouragera les chanteurs amateurs (surtout ceux qui chantent mal et faux) à s’emparer du micro.


Paroles d’artistes

Ils fouleront tous les deux la scène du JDM dimanche 24 mai… Rencontre avec Louis Bertignac et avec Benjamin Cotto (Lilly Wood and the Prick).

Louis Bertignac

LOUIS BERTIGNAC © Andred

Votre rapport à la scène a-t-il changé au fil des années ?

Pas vraiment. Je suis simplement plus détendu, plus à l’aise, notamment parce que je joue avec des musiciens extraordinaires, avec qui je m’entends aussi bien musicalement qu’humainement. Cette confiance me permet de partir plus facilement en improvisation, et de me lâcher davantage. Au final, je suis toujours très heureux à la fin d’un concert.

Cette spontanéité est une marque de fabrique chez vous…

Oui, je n’ai jamais été très cadré. J’ai appris la musique comme ça, en faisant le bœuf avec des copains. On se retrouvait chez l’un ou chez l’autre avec nos guitares et on improvisait pendant dix, vingt, parfois quarante minutes. C’est resté ma manière de jouer. Quand je pars en solo, je ne sais jamais comment ça va commencer. Parfois ça marche très bien, parfois moins, mais les erreurs font partie du jeu. Une fausse note, c’est aussi une note. Si on la répète et qu’on tourne autour, elle peut même devenir intéressante.

Dans un festival comme le Jardin du Michel, est-ce qu’on joue différemment ?

Oui, un peu. Dans mes concerts, les gens viennent pour moi. Dans un festival, le public est plus large, il vient passer la journée et découvre parfois les artistes. Il faut séduire davantage, se raconter un peu plus, faire des vannes différentes. Mais au fond, je fais toujours la même chose : je monte sur scène avec ma guitare et je joue. Sauf que là, j’ai tout à gagner.

Benjamin, de Lilly Wood and the Prick

LILLY WOOD AND THE PRICK © Jeanne Lula Chauveau

Vous revenez après plusieurs années de pause. Pourquoi ce temps long ?

Cette pause nous a surtout permis de travailler sur ce cinquième album. On a commencé à écrire juste après la fin de la tournée précédente, mais on a pris le temps. Chacun avait aussi des projets personnels. Trois ou quatre ans, finalement, ce n’est pas si long. Et puis l’envie de faire cet album s’est imposée assez naturellement. Cela fait maintenant vingt ans que nous travaillons ensemble, et l’idée de revenir sur scène pour défendre de nouvelles chansons était une évidence.

Comment expliquez-vous la longévité de votre duo ?

On ne sait pas vraiment. C’est vrai que c’est assez rare. Nous avons chacun un rôle bien défini dans le groupe, et personne n’essaie de prendre la place de l’autre, ce qui fait qu’on se sent respectés dans notre travail. L’entourage compte aussi beaucoup : nous sommes entourés de personnes fidèles depuis le début. Et puis il y a le plaisir de faire des chansons ensemble. Bien sûr, il y a eu des hauts et des bas, mais l’envie de créer est restée intacte.

Votre manière de composer a-t-elle évolué ?

Oui. Pour « Christina », nous avons collaboré, pour la première fois, avec d’autres artistes : Cristina, Myd, Sika Deva… Pierre Leroux, membre fondateur de Housse de Racket avec Victor Le Masne, a fait un vrai travail d’adaptation de nos albums précédents pour leur donner un côté beaucoup plus club, dans l’optique de cette tournée à deux. C’était un vrai challenge, mais c’était aussi le moment ou jamais de prendre des risques. 


Un festival écoengagé

Au Jardin du Michel, la dimension festive se conjugue avec responsabilité environnementale et engagement territorial.

Tri et circuit court

Avec près de 25 tonnes générées à chaque édition, la question de la gestion des déchets se pose en premier lieu. Tri renforcé sur le site et au camping, sensibilisation du public, veille permanente assurée par les bénévoles : tout est mis en œuvre pour limiter l’empreinte du festival et améliorer les pratiques d’année en année.

L’usage de gobelets réutilisables est désormais généralisé – le lavage a lieu sur place grâce à une plateforme dédiée – et le plastique est progressivement supprimé dans l’accueil des artistes. Quant aux restaurateurs partenaires, ils s’engagent au respect des bonnes pratiques à travers une charte de développement durable incluant tri des déchets, vaisselle compostable et valorisation des produits locaux. Les installations participent à cette logique : une partie du mobilier est fabriquée à partir de matériaux de récupération ou issue de meubles d’occasion.

En parallèle, parce que les déplacements représentent la part la plus importante de l’impact environnemental d’un tel événement, l’organisation encourage ses festivaliers à privilégier les mobilités douces. Elle promeut l’usage du covoiturage, des transports en commun via des partenariats avec des solutions de mobilité partagée.

Cette attention portée à l’écologie s’accompagne d’un fort ancrage territorial. Le festival travaille majoritairement avec des prestataires implantés dans la région et près de 95 % des dépenses directes sont réalisées dans le Grand Est. Les buvettes sont confiées à des acteurs locaux, les associations régionales participent à l’organisation du site et plusieurs radios associatives du territoire animent la Radio du Michel, la radio officielle du festival.

Cette dynamique vertueuse se renforce d’année en année
Chantiers en cours ? Poursuite de la démarche de labellisation environnementale, amélioration du système de tri et travail à la mise en place de navettes entre Nancy et le site du festival. Des réflexions sont également engagées autour de l’utilisation de nouveaux gobelets réutilisables et de la plantation d’arbres sur le site. Preuve qu’on peut être un festival populaire et un acteur responsable. Et que la musique peut aussi être un moteur de transition.


Dans les coulisses du JDM – Portraits 

Lothaire Limon (Agence Zoo) pour l’affiche, Noémie Bigerel à la billetterie… Zoom sur deux talents indispensables à un JDM réussi.

Entretien avec Lothaire Limon (agence ZOO), illustrateur & créateur de l’affiche

Comment est née l’affiche de cette édition ?

Fabien Vinot et Julien Hatton, DA à l’Agence Zoo dont je suis fan depuis le collège, réalisent les affiches du JDM depuis une dizaine d’années. Tout part, le plus souvent, d’une envie de l’équipe de communication du festival : cette fois, un jeu façon Où est Charlie ?. Nous nous sommes emparés de cette proposition, avec l’objectif de créer une patte visuelle forte tout en conservant un côté ludique qui célèbre la diversité du festival.

Comment avez-vous construit cette scène foisonnante ?

Sur la base d’un croquis d’intention dessiné à la main, les illustrations ont été réalisées sur tablette en 2D, puis importées dans un logiciel 3D pour gérer la profondeur et l’organisation des éléments et assembler aléatoirement des ensembles de membres préconçus séparément. L’équipe a choisi de ne pas recourir à l’IA générative, afin de rester en accord avec les valeurs du festival que partagent l’agence. Chaque détail, chaque personnage est donc unique et dessiné avec amour, passion et beaucoup de temps.

L’affiche a été plébiscitée par les internautes…

L’idée était de créer une image à la fois jolie, fun et pleine de détails à explorer. On y retrouve des éléments emblématiques du site du festival, comme les palettes ou la cathédrale au loin, mais aussi des clins d’œil aux festivaliers marquants des années précédentes. Des membres de l’équipe et des artistes du line-up s’y cachent également ! Mais… c’est un secret. 

Entretien avec Noémie Bigerel, chargée de production et de billetterie

Quel est votre rôle en tant que chargée de billetterie ?

Je mets en place la politique tarifaire et je crée la billetterie via Weezevent, notre prestataire. Je m’occupe du suivi et du pointage des ventes, je réponds aux questions des festivaliers et je suis en lien avec les CE et centres médico-sociaux. A l’approche du festival, je gère les invitations pour les partenaires et travaille sur le dimensionnement des entrées, en coordination avec Weezevent, afin d’assurer un accueil fluide et sécurisé aux festivaliers.

Quelle est la politique tarifaire du festival ?

Nos tarifs s’échelonnent de 29 à 70€ pour un billet jour. Pour rester accessible au plus grand nombre, nous avons mis en place un tarif 11-14 ans à 29 €, la gratuité pour les enfants jusqu’à 10 ans, et des tarifs préférentiels via le Pass Culture (15-21 ans) et le dispositif Jeun’Est (15-29 ans). Nous accordons également la gratuité aux accompagnants de personnes en situation de handicap. Ces dispositifs fonctionnent bien.

Quelles sont les nouveautés ?

Nous avons reconduit le tarif VIP, lancé l’an dernier avec succès, qui donne accès à un espace dédié avec vue sur la grande scène, animations, et petite restauration. Nous avons aussi mis en place un Pass tribu au tarif préférentiel de 38 € pour les groupes de 6 à 15 personnes. L’essai est concluant puisque le quota pour le vendredi est déjà épuisé. Les ventes se portent d’ailleurs mieux que l’an dernier à la même période, ce qui laisse présager d’une belle édition !

PUBLIREPORTAGE