Avec La Compagnie des Ânes, se reconnecter au vivant

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© Compagnie des Anes

À Eulmont, la Compagnie des Ânes propose une autre manière d’entrer en relation avec la nature, à travers les animaux, l’observation et le temps long.

Depuis 2006, la Compagnie des Ânes cultive une relation discrète mais profonde au vivant. Le lieu, composé d’une chèvrerie, d’un poulailler, d’un verger-potager, d’une « cabane des humains » et d’une vigne (entre autres), se découvre lentement, à travers différents espaces pensés comme autant de terrains d’expérience et de rencontres. C’est ici que, depuis plusieurs années, sous la houlette de Samy, Audrey et Laura, entourés de très nombreux partenaires et bénévoles, l’association développe un projet singulier, à la croisée de l’éducation à l’environnement, de la médiation animale et de l’accueil de publics variés.

Une approche multi-public

Agréée Éducation populaire, la Compagnie des Ânes est née d’une volonté simple : permettre à chacun de renouer avec la nature de proximité. Une nature ordinaire, souvent ignorée, parfois redoutée, et pourtant riche et accessible. Dans ce cadre, elle accueille des publics très différents : des familles venues passer un moment dehors, des enfants qui découvrent pour la première fois la forêt autrement qu’en coup de vent, des groupes scolaires, mais aussi des personnes en situation de handicap, des publics isolés ou accompagnés par des structures spécialisées.Placés au cœur de ce dispositif à la fois pédagogique et ludique, les animaux. 

Cinq ânes, une vingtaine de chèvres, des poules, des lapins, des cochons d’Inde, tous recueillis, se partagent les lieux. Ils ne sont pas considérés comme une attraction, encore moins comme outil, mais bien comme des partenaires, voire, pour certains, comme des médiateurs. 

Pour le reste, la Compagnie des Ânes défend une pédagogie de l’expérience et un projet « visant à l’épanouissement de l’individu dans sa relation à lui-même, aux autres et au monde, pour en faire un citoyen éclairé, alerte et conscient des enjeux du développement durable et du bien vivre ensemble. » Ici, on apprend en faisant, en regardant, en ressentant. D’où un programme d’animations calqué sur les saisons. Au printemps, on observe les amphibiens, on apprend à regarder l’eau autrement. L’été, la forêt devient un terrain d’exploration. À l’automne, les feuilles racontent le cycle du vivant. Parfois, la nuit tombe et le groupe reste. Écouter les renards, apprivoiser l’obscurité, se laisser surprendre par les sons… Des moments simples, souvent marquants.

Un travail particulier est mené autour des espèces que l’on craint ou que l’on rejette. Insectes, araignées, serpents… Ceux que l’on appelle les « mal-aimés ». « En les observant de près, en comprenant leur rôle, les peurs se transforment. La forêt cesse d’être inquiétante : elle devient un espace de curiosité », explique Samy. Son ambition, et celle de l’association ? Redonner à toutes et tous l’envie de sortir, de marcher, d’observer et, dans un quotidien saturé d’écrans et de sollicitations, faire le pari du temps long.

3 questions à Samy, Cofondateur de La Compagnie des Ânes

© Compagnie des Anes

Comment est née l’idée de créer la Compagnie des Ânes ?

D’un constat très simple : rien n’existait sur le territoire pour permettre aux personnes les plus fragiles d’accéder à la nature. L’envie a été d’emmener les gens dehors, de leur faire découvrir une nature de proximité, accessible. La nature devait être pour tous, y compris pour ceux qui en sont souvent éloignés, parce qu’ils sont isolés, en situation de handicap ou accompagnés par des structures spécialisées.

Pourquoi l’âne occupe-t-il une place centrale dans votre projet ?

L’âne donne envie d’aller se promener, il rassure, il apaise. Beaucoup de personnes osent le contact grâce à lui. C’est un animal très empathique, capable de ressentir l’autre et d’adapter son comportement. On l’utilise donc en médiation animale, notamment avec des personnes pour qui le contact humain est compliqué. Mais cela ne fonctionne que si l’animal est bien, respecté et serein.

Quel est l’enjeu principal de vos actions aujourd’hui ?

On observe une vraie déconnexion avec la nature, surtout chez les enfants et les familles. Notre rôle est de recréer l’émerveillement, de redonner le plaisir d’aller dehors. On travaille aussi beaucoup à démystifier la forêt et les petites bêtes, à enlever les peurs. Observer, écouter, comprendre ce qui nous entoure : tout cela est essentiel pour recréer du lien avec le vivant.

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