
Le musée des Beaux-arts de Nancy propose une exposition hors-les-murs jusqu’au 8 mars, à La Douëra de Malzéville, autour du portraitiste lorrain, Émile Friant et de ses gravures.
Émile Friant, c’est une histoire nancéienne qui mérite d’être (re)découverte. Essentiellement connu comme peintre, l’artiste a aussi consacré une part importante de sa création à la gravure. Remontons le fil de l’histoire.
Huit ans après sa naissance à Dieuze, sa famille, choisit de rester française lors de l’annexion en 1871 et s’installe à Nancy. Très tôt, l’enfant s’adonne au dessin. Il commence sa formation à l’école municipale de dessin de Nancy puis décroche une bourse d’étude, direction l’École des Beaux-Arts de Paris. Au fil de ces années, Émile Friant alterne des séjours nancéiens et parisiens, expose aux salons puis, présente en 1882, L’Enfant prodigue, un tableau qui lui permet d’obtenir une Mention honorable. Puis Friant obtient des bourses de voyage pour se rendre en Belgique, Hollande, Sud de la France, Italie, Espagne, Tunisie, etc. Il raconte ses impressions de voyage à ses amis, rapporte des paysages pris sur le vif et quelques portraits, dessinés ou peints. Le talent d’Émile Friant a été très vite remarqué, notamment grâce à ses premiers portraits, genre qui va le définir tout au long de sa carrière.


Réalisme saisissant
Moins connue car moins visible, la gravure occupe le peintre dès ses vingt ans. Après 1900, la gravure prend une place prépondérante dans sa production. Plus simple à mettre en œuvre que la peinture, elle lui offre de nouvelles possibilités à explorer, grâce à différentes techniques que l’artiste va s’employer à découvrir. L’eau-forte, la pointe sèche et le vernis mou, qui donnent à ses gravures un aspect proche de celui du dessin. La gravure convient bien au perfectionnisme de l’artiste qui peut reprendre, modifier, compléter chaque cuivre. Ses thèmes : portraits donc comme ceux de Victor Prouvé ou encore Emile Gallé, des figures féminines aussi, scènes de genre et de la vie quotidienne, se déroulant souvent en Lorraine.
À sa mort en 1932, la Ville de Nancy est légataire de ses fonds d’atelier, parisien et nancéien, et le musée des Beaux-Arts de Nancy devient l’institution possédant le plus grand nombre de ses œuvres. On y retrouve des chefs-d’œuvres tels La Toussaint ou La Douleur, des toiles peu connues et des réalisations qui ne peuvent être exposées comme les plafonds de la préfecture de Meurthe-et-Moselle.
Cette exposition à Malzéville permet, à partir d’une cinquantaine d’œuvres des collections du musée des Beaux-arts de Nancy, de découvrir un aspect moins connu de l’art de Friant avec ses gravures. Pour toujours aussi de réalisme. Et de succès au regard de la fréquentation de l’exposition depuis son ouverture. Courrez-y ! Baptiste Zamaron





























