Teddy Bracard, la nature dans l’objectif

2
© Teddy Bracard

Depuis plus de 20 ans, ce lorrain s’est passionné pour la photographie animalière. Un exécutoire qu’il a déjà partagé dans plusieurs ouvrages et il travaille aujourd’hui à la réalisation d’un documentaire.

« La nature m’apaise parce qu’elle ne me demande rien ». Tout est dit. Originaire de Damelevières, la passion pour la nature coule dans le sang familial. Très vite, le jeune homme s’est retrouvé en forêt avec son père : pour observer les oiseaux, construire des cabanes ou ramasser des bois de cerfs. Autant d’histoires à raconter mais jamais aucune image à partager. Alors un jour de 2006, les deux hommes se sont équipés d’un petit appareil photo. « De très belles photos floues au début avec des animaux en tout petit. Rien d’artistique du tout ! Mais nous nous sommes pris au jeu et la passion pour l’image est venue très vite », se remémore le trentenaire.

20 ans plus tard, Teddy Bracard n’a pas délaissé la forêt, loin de là. Il l’a choisi professionnellement en devenant garde-champêtre en Meuse et en continuant sur son temps libre, à l’arpenter, appareils photos en main. La nature reste son exécutoire, elle l’accueille comme il l’est, sans juger et en offrant un spectacle. A condition de respecter les lieux et les animaux. Pour lui, bien connaître les espèces animales avant de chercher à les photographier, est un impératif. Cela se traduit par énormément de travail en amont. « 90 % de repérage pour 10 % de temps de photos. On pénètre un milieu qui n’est pas le nôtre. Il faut donc respecter à la fois une approche et une déontologie envers le milieu mais aussi les espèces pour ne pas déranger et occasionner des choses plus graves. Jamais, je n’irai faire l’image à tout prix ! Les images sont le fruit d’un long travail et une marque de respect de toutes les parties », rappelle Teddy Bracard.

L’âme des animaux

De tous ces instants animaliers saisis, le photographe a décidé aujourd’hui de les partager sur les réseaux sociaux mais aussi, il y a quelques années, en concrétisant un rêve : un livre regroupant ses plus belles photographies naturalistes d’une Lorraine par nature. Puis un deuxième ouvrage, Sauvage par nature, dédié à la quête des grands prédateurs d’Europe, de l’ours en Slovénie au loup en Italie sans oublier le lynx en France. Enfin, un troisième co-signé avec son père autour d’un animal qui les rassemble : le cerf avec Cervus elaphus, histoire d’une passion. A chaque page, les mêmes volontés : « transmettre des émotions car celles vécues sur le terrain au contact des animaux, sont incroyables. Il faut aussi se rendre compte qu’il n’est pas nécessaire de faire des milliers de kilomètres pour observer des merveilles. Il suffit d’être observateur, de regarder à quelques pas de sa porte pour découvrir cette biodiversité bien cachée », confie le passionné.

Au fil des saison, la météo change aussi les rendus. En cette période hivernale, le décor se pare d’habits et de résultats insolites. « La neige, c’est le livre des âmes qui permet d’observer les traces des animaux et donc une source d’enseignement très précieuse sur leurs déplacements, les endroits de chasse, de repos, etc », explique le photographe. 

Autodidacte, Teddy Bracard a tout d’un grand. Par sa technique travaillée depuis 20 ans, par son sens de l’esthétisme qui retranscrit une forte émotion, par son humilité et sa sensibilité qui se dégagent de ces clichés uniques. Photographe par nature avec celle-ci, toujours dans l’objectif. Baptiste Zamaron

© Teddy Bracard

3 questions à Teddy Bracard Photographe animalier

Les qualités d’un bon photographe ?

La patience et la persévérance. La nature donne ce qu’elle a à nous offrir. C’est énormément de temps sur le terrain. Parfois, rien ne se produit et à d’autres moments, c’est exceptionnel. C’est la récompense.

Un animal favori en forêt ?

Le renard. C’est un animal rempli de malice, que je prends plaisir à suivre au fil des saisons et des années sur le terrain, qui est bien représentatif de notre territoire, qui est commun mais que les gens ne connaissent pas beaucoup. Lui attribuer encore aujourd’hui l’étiquette de nuisibles alors qu’il en est tout l’inverse, c’est la preuve vivante.

Un projet pour 2026 ?

Je suis en pleine construction d’un documentaire. Une version adaptée et plus élaborée de mon premier livre, Lorraine par nature. L’objectif est d’emmener les gens aux côtés du photographe animalier et du passionné de nature, par la vidéo. Le challenge est important, nécessite beaucoup de travail et il continue de se construire cette année. J’espère présenter le résultat à la fin 2027.