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La piste comme horizon

Dix-neuf ans à peine et Laurine Xailly fait déjà courir les chronomètres derrière elle. Récemment médaille d’argent aux championnats de France cadets et juniors d’athlétisme à Châteauroux, elle continue son bout de chemin, la piste devant elle et bien des challenges à remporter à l’horizon.

Courir. Pas vraiment après le chronomètre, pour quelque chose de plus impalpable encore. Sur la piste, la ligne d’arrivée des 400 mètres est encore loin et après l’énergie des premiers mètres, le corps se rappelle au souvenir de celle qui court : l’échauffement des muscles, l’impact de chaque foulée qui secrètement agit comme un raz de marée répandant des vagues de sensations dans tous les autres membres. « Je ressens plus de choses sur cette distance. Le temps n’est pas le même, il s’étend et nous offre un défi supplémentaire : on se retrouve seul face à soi-même, face à ses propres pensées », explique Laurine. Trop de tergiversations et la performance peut rapidement s’en trouver bouleversée. Pour ce mélange entre vitesse et endurance, le 400 mètres est devenu l’épreuve de prédilection de la jeune athlète. Preuve en est : aux derniers championnats de France cadets et juniors à Châteauroux, elle a battu son record en atteignant les 54’67.

Sacerdoce sportif

Se pourrait-il que la course la plus difficile soit aussi la moins visible, loin de la piste. Avant d’y arriver, de poser ses mains sur la ligne de départ, Laurine se travaille au corps. À raison de cinq entraînements par semaine, de deux heures à deux heures et demies par séance, elle construit peu à peu ses potentialités physiques aiguillée par Frédéric Fabiani, son coach depuis septembre 2015. Ce changement a un impact bénéfique dans la vie de l’athlète : « il est devenu quelqu’un de la famille en quelque sorte. Il trouve toujours ce qu’il faut me dire, comment m’aborder pour que je sois dans une bonne configuration mentale ». Pour l’aider à combattre le stress, elle a aussi eu l’aide d’une préparatrice mentale… peut-être le secret de son nouveau record ? « Cela tient sûrement à différents facteurs. Les types d’entraînement sur des vitesses courtes et longues, sur de la course de fond pour l’endurance, ont joué. C’est aussi la première année que je fais de la musculation », assure-t-elle.

Le cap au beau fixe

Laurine Xailly ne dévie pas de sa voie. Elle sait ce qu’elle veut et c’est bien là la marque d’une championne, une athlète qui depuis toute petite rêve de se mesurer à elle-même. « Quand elle avait six ans, nous avons eu la chance d’assister en famille aux championnats du monde d’athlétisme à Paris. En rentrant à la maison, elle a souhaité regarder toutes les épreuves restantes à la télévision. Ensuite elle sollicitait sa mère pour qu’elle chronomètre le temps qu’elle mettait à courir entre le fond du jardin et la maison… Sa passion est née à ce moment-là et est restée intacte ». Dans ces circonstances, vivre sans sport lui semblerait inconcevable. Elle a d’ailleurs, du haut de ses dix-neuf ans, entamé un cursus à la faculté de sport de Nancy. « J’ai parfois l’impression d’avoir deux vies. Une normale où je fais comme tous les autres jeunes de mon âge et une autre où je dois faire attention aux repas, à mon sommeil… Mais je n’ai jamais eu la sensation de rater quelque chose. Au contraire, ça m’apporte beaucoup plus que ce que je pourrais perdre », confie-t-elle. Voilà de quoi l’admirer encore plus.




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