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La D.R.A.C. à la rescousse  des thermes

Les villes thermales recèlent des trésors d’architecture étroitement liés à leur activité et certains d’entre eux sont classés ou inscrits au titre des Monuments Historiques. Parmi ceux-ci, Plombières-les-Bains gagne la médaille d’or avec seize bâtiments ou sites protégés, suivi de près par Vittel. Conservatrice régionale des Monuments Historiques, Marie-Agnès Sonrier revient sur le rôle de la DRAC Lorraine (Direction Régionale des Affaires Culturelles) dans la protection de ces édifices et sur leurs spécificités.

Entre les édifices classés au titre des Monuments Historiques et ceux seulement inscrits, quelle est la différence ?

Pour comprendre cette différence, il faut connaître la procédure à l’origine d’une protection au titre des Monuments Historiques. La demande peut être réalisée par des particuliers, un propriétaire ou une association par exemple. Parfois aussi, un des services de la DRAC s’autosaisit d’un dossier. Par la suite, l’instruction de ce dernier est mise en place, pilotée par un chargé d’étude de la D.R.A.C. Elle vise à étudier l’histoire de l’édifice, en réaliser sa description et à le visiter, notamment pour examiner son état sanitaire. Une fois instruit, le cas est étudié par la Commission Régionale du Patrimoine et des Sites (CRPS). Celle-ci transmet son avis au préfet de région, lequel signe ou non un arrêté de protection. Le bâtiment est alors inscrit au titre des Monuments Historiques. Si la CRPS considère que le site mérite une protection supérieure, le dossier passe entre les mains de la Commission Nationale des Monuments Historiques et selon sa décision, il peut être classé. Pour résumer, les édifices inscrits au titre des Monuments Historiques le sont par arrêté préfectoral (région) et ceux classés par arrêté ministériel (État).

2-091 ML- Plombiere_09.2011

Quels critères pèsent dans la décision de protection ?

Il y en a plusieurs. Le site doit être significatif, avoir une place particulière dans l’histoire d’un lieu et dans l’histoire de l’art en général. Mais sa typologie, son authenticité, son état sanitaire comptent aussi. Un édifice plusieurs fois remanié au cours des siècles peut aussi être intéressant car il nous renseigne sur les caractéristiques architecturales de chaque époque.  Par ailleurs, il existe différents niveaux de protection. À minima, sont protégés la façade et la toiture. Pour d’autres lieux, l’inscription ou le classement s’étend aux intérieurs (tout ou partie des pièces du bâtiment, boiserie, cheminée, …).

En ce qui concerne les constructions issues de l’activité thermale, quelle est leur spécificité ?

Le patrimoine thermal lorrain est d’abord très localisé : Contrexéville, Plombières, Vittel, Martigny-les-Bains… Pour les thermes, les bâtiments conservés datent aussi bien de l’époque gallo-romaine que du XXe siècle avec des réaménagements avant ou après ces deux périodes. À Plombières-les-Bains, il y a par exemple la fontaine dite « Source du Crucifix » qui est de style « Art Déco » (années 1930). Les premières traces de bains gallo-romains se cachent aussi dans la « ville aux mille balcons » comme la piscine Jutier, située sous la rue Stanislas. Dans la liste des édifices thermaux inscrits ou classés, il y a également les parcs comme celui de Vittel, les villas et hôtels construits pour les touristes mais aussi les gares telles celles de Contrexéville et Vittel. Tous ces bâtiments, aux utilités très diverses, ont été construits pour répondre aux besoins des curistes. Les plus illustres, à l’instar de Napoléon III, ont joué un rôle dans la transformation des stations thermales et de leur ville d’accueil. À Plombières-les-Bains, l’église Saint-Amé a été bâtie par la famille impériale pour ses besoins et ceux des résidents.




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