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Jacky au pays de Davis

Depuis les débuts des Nancy Jazz Pulsations, Jacky Joannès est l’œil du festival. En coulisses ou sur scène, il prend les musiciens sur le vif et fige sur pellicule une bibliothèque de souvenirs musicaux. Cette année pour la 41e édition, il offre un flashback photographique sur le cru 2013 des NJP et du Manu Jazz Club. Rencontre.

« Quand je regarde mes photographies, je revis les concerts auxquels j’ai assisté. D’abord avec le développement de la pellicule, puis avec le tirage sur planche contact, à chaque étape je retrouve les sensations et les émotions de  ce moment particulier », s’émerveille Jacky Joannès. Photographe indépendant depuis 1991, son objectif accompagne les Nancy Jazz Pulsations depuis leurs débuts en 1973. Le jazz est son premier amour et à travers son activité, il conjugue deux autres passions : le spectacle vivant et la photographie.

Sentimental jazz

Un peu comme Alice au pays des merveilles, Jacky Joannès est tombé face à ses idoles en couvrant les différentes éditions des NJP. Un des premiers noms qui lui vient en tête : Miles Davis, le trompettiste magicien de la bande originale d’Ascenseur pour l’échafaud (1957), des albums Kind of blue, Bitches Brew ou Tutu. Dans l’exposition « Pulsations », présentée au Centre Intercommunal Laxou Maxéville, les visiteurs pourront en retrouver d’autres tels Ibrahim Maalouf, Christian Scott et encore Kenny Garrett, venus au festival l’année dernière. Au fil des années, le photographe a eu la chance de rencontrer ces musiciens et de capturer leurs expressions, gestes ou mimiques. « Quand on connaît les artistes, on peut parfois anticiper leurs mouvements. Mais pour capter ces instants uniques, où tout converge, attitude, lumière et ambiance, il faut suivre son instinct », raconte-t-il. En musique tout comme en photographie, tout est question d’alchimie.

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L’éclat du son

Il a aussi découvert de jeunes jazzmen aux potentiels explosifs. Au fur et à mesure des festivals, il a pu en voir évoluer certains. « J’ai assisté à divers concerts de Christian Scott, trompettiste américain. Avec le temps il a pris du souffle et de la puissance », remarque Jacky Joannès. D’ailleurs il trouve plus de plaisir encore dans l’éclat des trompettes ou des saxophones. Dans de nombreux portraits de « Pulsations » il vient caresser ces instruments à vent au son puissant du bout de son objectif. Il a aussi traversé les âges du jazz avec une passion intacte : jazz Nouvelle-Orléans, bebop, free jazz… « Les musiciens de la jeune génération reprennent des répertoires de grands du jazz, de Coltrane, Monk ou Mingus. Mais ils les emmènent ailleurs. Aujourd’hui on mixe les différents courants : jazz rock ou fusion, groove, free jazz avec des musiques du monde », continue-t-il. Pour lui, la photographie est un témoignage. Mais à l’écouter parler de ses figures mythiques, cela sonne plus comme un hommage, une preuve d’amour et d’admiration. Et telle Alice, il courra d’autres lapins musicaux, toujours à la recherche du cliché parfait.

« Pulsations », jusqu’au 20 octobre au Centre Intercommunal Laxou Maxéville. Plus d’infos : nancyjazzpulsations.com



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