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La faculté de pharmacie de Nancy

Sise rue Albert Lebrun, la faculté de pharmacie déploie sa majestueuse façade. Le bâtiment, dû à l’architecte Jean Bourgon, mérite qu’on s’y intéresse.

Au sein de l’impressionnant patrimoine immobilier de l’Université de Lorraine, plusieurs fleurons émergent tel le palais de l’Université place Carnot (actuelle faculté de Droit de Nancy) ou la faculté de pharmacie.

Une conséquence de la guerre de 1870

Pour bien comprendre la naissance du bâtiment, il convient de retracer l’histoire de l’enseignement de la pharmacie à Nancy.
Le 21 germinal an XI (11 avril 1803) est promulguée la célèbre loi qui régit la profession de pharmacien et établit plusieurs écoles de pharmacie en France : Paris, Montpellier, Strasbourg, etc. Nancy, trop modeste et dépourvue d’école de santé, n’est pas comprise dans la liste. Elle doit attendre 1843 pour voir la création d’une « Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie ». L’enseignement, rappelle le prof. Pierre Labrude, est alors « modeste et le nombre d’élèves, faible : 7 en 1852-1853 » !
La grande chance de Nancy, si l’on peut dire, est la perte de l’Alsace-Moselle. Propulsée nouvelle capitale de l’Est, Nancy accueille de nombreux Optants, leurs riches industries … et l’Université de Strasbourg. En 1872, l’Ecole supérieure de pharmacie de Strasbourg est officiellement transférée à Nancy. Elle s’installe avec la médecine dans le palais académique place de Grève (Carnot). Tout le monde y est à l’étroit. En 1876, l’Ecole supérieure de pharmacie de Nancy devient pleinement autonome. Les bâtiments rue de la Ravinelle sont agrandis. C’est l’expansion. En 1918, lorsque Strasbourg redevient française (et « récupère » son Université), il est décidé de conserver l’école de pharmacie à Nancy.
En 1920, en raison de leur qualité, quatre écoles deviennent facultés : Paris, Montpellier, Strasbourg et Nancy. Son doyen, Bruntz, comprend rapidement que « le développement de la faculté ne pourrait être assuré que par la construction de nouveaux locaux modernes, capables d’accueillir des étudiants de plus en plus nombreux et surtout d’assurer, grâce à des laboratoires adaptés, une recherche scientifique de qualité » (prof. Labrude).

Jean Bourgon

Jean Bourgon est alors connu pour des réalisations emblématiques à Nancy : Caisse d’épargne en 1923-29, siège de Pont-à-Mousson S.A. en 1926-29, Cité U de Montbois en 1930-32, etc. Des architectures modernes, spacieuses, lumineuses et aérées.
La nouvelle faculté, inaugurée en 1951 à cause de la guerre, bénéficie de vastes halls aux éclairages zénithaux. Des pavés de verre permettent d’éclairer les couloirs des sous-sols. Les laboratoires, spacieux, sont dotés des derniers équipements d’alors. Les fenêtres coulissantes évitent par exemple de déranger les paillasses lors de leur ouverture. Plusieurs pièces répartissent les différentes tâches et améliorent la fonctionnalité de l’ensemble.
Le nouveau terrain proche de l’hôpital central et de la faculté de médecine, est idéalement situé.

L’usage a prouvé la qualité du bâtiment de Bourgon. Il serait dommage, lorsque la faculté le quittera pour rejoindre Brabois, de le détruire.

À NOTER

« Jean Bourgon a pris la pleine mesure du pharmacien « savant ». Il a eu l’intelligence de faire converger les deux bâtiments Recherche (laboratoires) et Enseignement (salles de travaux pratiques) vers un grand hall éclairé par une verrière. Celui-ci est devenu un point stratégique de notre faculté, véritable lieu d’échanges, de rencontres et de convivialité entre étudiants, chercheurs et enseignants. C’est ici qu’est l’âme de cette structure monumentale ! ».
Francine Paulus, Doyen de la faculté de pharmacie.




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