Consultez les derniers articles

L’hôpital du Saint-Esprit et l’hôtel de Pimodan

A Toul, se trouvent côte à côte rue du Général Gengoult deux bâtiments, qui témoignent de la riche histoire de la cité. Ils ont été restaurés avec passion par leur actuel propriétaire.

Toul est une cité au passé prospère. Partout, à la dérobé d’une porte ou au fond d’une cour se cachent de véritables trésors. La rue du Gal Gengoult ne déroge pas à la règle. Zoom sur deux de ses fleurons.

L’ancien hôpital

L’hôpital du Saint-Esprit fut fondé au milieu du XIIIe s. Comme son nom l’indique, il était alors tenu par l’Ordre hospitalier du Saint-Esprit, créé vers 1175 par Guy de Montpellier. Grâce à la générosité de riches bourgeois, l’Ordre avait pu s’implanter en Lorraine, notamment à Metz, Marville, Neufchâteau … ou Toul. L’Ordre, qui obéissait à la règle de Saint-Benoît, soignait les corps et les âmes, l’un n’allant pas sans l’autre au Moyen-âge. L’hôpital de Toul accueillait ainsi les miséreux, les infirmes, les vieillards, les orphelins, les filles-mères …C’était un « asile ». Les revenus de l’hôpital toulois étaient assurés par des immeubles de rapport dans la ville, des terres et granges, ainsi que des pressoirs.
Lors de sa fondation, l’hôpital comportait en plus une église (détruite à la Révolution) et un cimetière (loti depuis). Aujourd’hui, il ne reste plus qu’une façade partielle de l’hôpital, qui fut remaniée plusieurs fois au cours des siècles. A gauche, la porte témoigne que la chaussée était plus élevée à l’origine. Des travaux (XVIe s. ?) abaissèrent le niveau de la rue de 80 cm. C’est l’un des rares exemples d’une rue autrefois plus haute et non plus basse. Les tympans trilobés datent du début du XVe s. Bien conservés, ils véhiculent, avec la pierre de taille, un message de solennité et de durabilité.
A l’intérieur, trois arcs de décharge et les vestiges d’une cheminé monumentale sont les derniers témoins de l’hôpital. On ignore la fonction précise de la grande salle du rez-de-chaussée.
L’hôpital ferma au milieu du XVIIIe s. avec la construction de l’hôpital général.

Les Pimodan

La famille de Rarécourt de la Vallée de Pimodan (que l’on nomme au quotidien Pimodan) est originaire d’Argonne. Ses origines sont anciennes et remontent au milieu du XIIIe s., ce lui vaut d’être qualifiée d’« extraction chevaleresque ». Au XIVe siècle, les Rarécourt acquièrent les fiefs de la Vallée et de Pimodan qu’ils ajoutent à leur nom.
A Toul, les premiers Pimodan connus sont Christophe de la Vallée, 81e évêque de Toul, et son neveu Claude de Rarécourt, grand bailli d’épée et gentilhomme du roi Henri IV. Cette charge de bailli d’épée se transmet pendant plus de 150 ans au sein de la famille Pimodan. C’est à cette époque qu’ils s’installent dans l’hôtel qui porte leur nom. Ils ne le quitteront qu’au milieu du XVIIIe s. pour s’établir à Paris, sur les quais de l’île Saint-Louis (hôtel de Lauzun). Emigrés à la Révolution, ils se séparèrent vraisemblablement de leurs possessions touloises au début du XIXe s.

Outre la façade (les boulets, chose  curieuse, sont des souvenirs de la guerre de 1870), plusieurs éléments intérieurs anciens subsistent, notamment de remarquables cheminées, des plafonds à la française et de beaux escaliers à vis. La cour centrale, entièrement restaurée, vaut également le détour.

Ces deux édifices méritent l’attention des visiteurs, tant pour leur façades, pour les vestiges qu’ils renferment, que pour les portions d’histoire qu’ils ont écrites. Soyez attentif aux détails, et vous découvrirez, par exemple, une taque de cheminée aux armes des Pimodan… !

Infos pratiques : 6, 6bis et 8 rue du Général Gengoult, Toul • Ouvert aux visites sur réservation B 06 86 87 24 83



  1. Soyez le premier à laisser un commentaire