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Un parcours scène plein d’audace

Pour le premier semestre 2013, l’Ensemble Poirel a concocté une programmation éclectique, variée et riche qui devrait permettre à chacun de trouver son bonheur.

Si certaines salles se soucient davantage du quand-dira-t-on, l’Ensemble Poirel se soucie avant tout de la qualité. Quand elle a programmé en novembre dernier le Journal d’une femme de chambre d’Octave Mirbeau, certaines âmes auraient pu s’émouvoir du côté cru et libéré de ce roman (qui date pourtant de 1900). C’était oublier la formidable adaptation de Jonathan Duverger qui a su redécouvrir ce texte et ses richesses. Cela était aussi sans compter la finesse d’interprétation de Natacha Amal, étonnante. La profondeur qu’elle a donné à Célestine, l’héroïne, a su traduire toute l’actualité de cette tragédie sociale.
Cet exemple vous donne le ton de la programmation. Il vous donne aussi une mesure de sa qualité et de sa, même si le mot est utilisé à tout va aujourd’hui, liberté.

Six rendez-vous à venir

Prochain rendez-vous le 16 janvier pour découvrir Semianyki. Théâtre frappadingue en perspective, car la célèbre troupe russe est connue pour ses portrait au vitriol des rapports humains et familiaux déjantés. Folie poétique, rage inventive, humour corrosif signent ce spectacle où les comédiens-clowns ne parlent pas et où pourtant l’on comprend tout ! Les rebondissements sont permanents entre un père alcoolique, une mère enceinte qui use de son état comme d’une arme, des moutards déjantés qui rêvent de parricides pour exister. Où tout cela conduit-il ? A une incroyable happy end bien sûr, mais aussi à une réflexion plus profonde sur la survie au chaos. Après tout, la vie continue !

Le 12 février, le ton sera plus « musical » avec La Contrebasse de Patrick Süskindac. Tragique et ironique, ce monologue narre la terrible relation entre un musicien et son instrument. L’amour laisse petit à petit place à de la frustration et de la rancœur, puis de la folie. Ainsi vont les sentiments des hommes. L’instrument choisi n’est pas neutre : il a taille humaine, ou plutôt, il a la taille d’un homme, d’une femme. Il prend ainsi vie d’autant plus facilement. Une belle interprétation où Clovis Cornillac donne toute la mesure de son talent.

Programmation Poirel b

Trois jours plus tard, l’Ensemble Poirel vous emmène dans un tout autre univers avec une pièce de théâtre espagnol (sous-titrée en français) : Los hijos se han dormido – Les enfants se sont endormis, d’après le très célèbre La Mouette d’Anton Tchekhov. Le metteur en scène Daniel Veronese réinvente, condense, bouscule personnages et thèmes de l’œuvre originale qu’il se réapproprie. Pour reprendre la triple qualification de Françoise Morvan et André Markowicz, La Mouette, c’est « l’illusion, la déception et l’essor ».

Place à la musique en mars. Une soirée en deux volets. Le premier est l’émouvant Cantique des Cantiques composé par Rodolphe Burger pour le mariage d’Alain Bashung et Chloé Mons. Le texte biblique, chanté en hébreux et magnifié par la musique, fait l’éloge du pur amour.
Le second volet est un dialogue des cultures, une « réponse arabe » au Cantique par le biais de S’envolent les colombes, poème de Mahmoud Darwich.

Avril et mai auront également une riche programmation. En avril, Jean-Louis Trintignant offrira une lecture musicale, avec accordéon et violoncelle, de poètes qu’il aime tant : Prévert, Vian, Desnos. Des monuments du XXe s. qui reprennent vie grâce à lui.
En mai, la saison se clôturera avec La promesse de l’aube. Une œuvre riche qui concentre ce qu’il a de plus beau et de plus pathétique dans l’être humain. Une œuvre qui redonne tout simplement confiance dans la vie.

Vous savez tout, à vous maintenant de faire le premier pas !

Ensemble Poirel • 3 rue Victor Poirel – Nancy • www.poirel.nancy.fr

LA bonne astuce : optez pour le carnet six fois scènes !20 € le spectacle au lieu de 48 ! Renseignez-vous au guichet.




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