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Le béton se fait design

Béton en blocs, bâtiments colossaux et architecture minimaliste, le brutalisme a secoué les années 1950. Aujourd’hui, ce courant longtemps discrédité inspire les designers et remet la déco brute au goût du jour.

Avec ses immeubles monumentaux, son béton brut de décoffrage et la froideur qui s’en dégage, l’architecture issue du brutalisme suscite autant l’admiration que l’aversion. Né après la Seconde Guerre mondiale, ce style a longtemps été accusé de favoriser la délinquance et d’enlaidir les quartiers résidentiels. Étonnamment donc, ce mouvement architectural tant méprisé revient au goût du jour, mais principalement en décoration et dans le design.

Une architecture primitive

Retour dans le passé et plus précisément en 1950, où le célèbre couple d’architectes anglais, Alison et Peter Smithson, dessine les contours de ce courant. « Brutalisme », un nom choisi en référence à la Cité radieuse de Marseille, mastodonte de béton brut construit par Le Corbusier à partir de 1947.

Après la guerre, le besoin d’une reconstruction rapide et le phénomène de réindustrialisation que l’on observe partout en Europe obligent les architectes à repenser leur façon de concevoir les habitations. Le béton devient le matériau par excellence et son rendu très brut permet de laisser le bâtiment tel quel, sans habillements de façades ni fioritures. On voit donc naître des immeubles en bloc, géométriques, anguleux et dans leur plus simple appareil. La construction se fait primitive, sans fard et donne une image à la fois violente et futuriste de l’architecture de l’époque.

La reconquête d’un style

Décrié pour ses proportions trop éloignées de la réalité, pour son côté impersonnel, son austérité et sa radicalité, le brutalisme revient malgré tout aujourd’hui sur le devant de la scène. Si les colosses de béton ne sont plus d’actualité, les objets design et déco font la part belle à ce matériau jadis si déprécié. Cet engouement ne touche pas seulement les avant-gardistes mais un large public qui retrouve dans ces objets inspirés du brutalisme un certain réconfort, de la solidité et de la durabilité.

Dans le mobilier d’abord, le principe est le même que pour l’architecture : on laisse le matériau brut, en évitant au maximum les ornements. Les guéridons, les tables basses mais aussi les assises et les luminaires deviennent des pièces « brutalistes ». L’important n’est pas tant leur fonctionnalité que l’esthétisme et la beauté qu’ils dégagent. Avec ce style, les objets ne sont pas en effet seulement créés pour être utilisés mais d’abord pour être exposés.

On retrouve également le béton dans la salle de bains, sur les murs, le sol et parfois même au plafond. Une déco minimaliste qui convient surtout aux intérieurs épurés ou de style industriel.

Néanmoins, en déco, le brutalisme ne se manifeste pas qu’à travers le béton. On parle de brutalisme pour tous les matériaux laissés bruts. Le bois, le verre ou la brique participent donc à cette tendance épurée. Mais c’était sans compter sur le métal, matériau chouchou de ces derniers mois qui, comme le ciment, s’inscrit parfaitement dans le concept du brutalisme.

Photos © Istock, 123RF, DR



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