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Complètement Michtô !

Ce doit être la saison… En automne, en Lorraine, les chapiteaux poussent comme des champignons. Sous celui du cirque Gones, ni fauves, ni éléphants pour faire frémir le public mais une programmation originale et un état d’esprit qui ne l’est pas moins. En 9 ans, le petit festival Michtô – que la troupe organise – est devenu grand et allume des étoiles dans les yeux de spectateurs toujours plus nombreux. En piste, pour 3 jours de shows fantaisistes, inventifs, festifs. Michtôs quoi !

Petite révision de vocabulaire : michtô, en lorrain ça veut dire « plaisant, bien, super ».  Et ce que l’on peut dire c’est que le festival Michtô porte bien son nom en réussissant, avec des moyens riquiquis, à faire passer de grands moments à un public qui en redemande. La recette du succès ? « Michtô, c’est d’abord des spectacles très variés, des coups de cœur et un état d’esprit particulier, explique Eva, l’une des artistes du Cirque Gones. Nous avons de petits moyens financiers mais une grande envie ! Et cette envie, cette passion est partagée par d’autres troupes de nouveau cirque, de théâtre burlesque ou de théâtre de rue qui viennent jouer pour le plaisir au festival ». L’édition 2014 est là pour en témoigner : sur 4 jours, une quarantaine de spectacles vont s’enchaîner sous les chapiteaux et en plein air. « Il y a un peu moins de cirque cette année, remarque Eva, et un peu plus de disciplines qui y sont associées, comme le théâtre de rue. En tout cas ce sont de chouettes spectacles, toujours décalés avec des gens que l’on aime et qui ont envie de venir. C’est une chance et  cette bonne étoile nous suit depuis le début».

Histoires et racines

Pour les Gones, l’histoire commence en 2006. A la fin de leurs études 9 copains prennent la route dans de vieux camions direction Dakar. Six mois de voyage, de rencontres et … de pannes à répétition. Rentrés en France, les amis créent un spectacle autour de leurs péripéties « C’est rien, mais là ça va » qu’ils joueront 300 fois en France, en Allemagne et en Italie.  « Le camion Saviem rescapé d’Afrique était la star sous le chapiteau. Nous, autour on faisait de l’impro, de la musique live, du détournement d’objets avec des personnages absurdes. Ça a super bien marché, poursuit Eva. En parallèle, nous avons monté des petits spectacles de poche, pas chers et avec peu de personnes, que nous avons joué dans les écoles, en milieu rural et dans des petites communes. Et puis en 2006, on a fait le premier Michtô, à la MJC Bazin avec 12 spectacles et 2 chapiteaux. « C’était un petit festival avec beaucoup d’amis, on n’ait pas l’idée d’en faire quelque chose de pérenne mais ça a bien marché alors on a continué » sourit Eva. L’année suivante, le festival s’installe au boulodrome de la rue Mc Mahon avant de trouver son « chez lui » sur le site du Grand Sauvoy. « On voulait que Michtô reste un festival urbain, et le Grand Sauvoy était et est encore le lieu idéal en terme de situation, d’espace et de relation avec l’équipe qui a toujours été au top ». Année après année, le festival a grandi en gardant toujours son esprit un peu roots. Récup et système D à tous les étages, pour créer chaque année un décor différent, féérique à partir de bois et métaux recyclés. Depuis deux ans, la troupe s’est installée dans le gymnase de l’ancien IUFM, qu’elle a transformé en atelier décors et lieu de répétition. « Le gymnase, qui est sur le site du futur Centre des Mémoires, devait être détruit. Michel Dinet est venu nous voir, il a trouvé le gymnase en bon état et nous avons signé une convention d’occupation avec le Conseil général. Maintenant que nous sommes officiellement chez nous, nous avons de nouveaux projets, comme la création d’une école de cirque et d’un lieu de résidence où l’on pourrait accueillir des artistes toute l’année. » Un lieu dont le festival Michtô serait le rendez-vous festif de l’année…

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40 spectacles et des poussières

En attendant la création de ce nouveau temple du cirque, les membres du collectif Michtô s’activent pour que cette neuvième édition du festival soit une réussite. Sur 3 jours et 4 soirées, une quarantaine de spectacles sont programmés dans un mélange (d)étonnant de troupes locales et nationales, d’amateurs et de professionnels. En vrac, on pourra y voir du « cirque de salon », de « l’humour à la soude caustique », des cascadeurs et une bonne dose de concerts sous un grand chapiteau prêté par le cirque Rouages. En marge des représentations, il y a aura des animations à foison. Un chapiteau pour les enfants avec ateliers et bar à sirops, des jeux déjantés inventés par Zazam, et dans les caravanes et les roulottes des ateliers sérigraphie, un atelier de création d’image avec le Collectif Cent cible, les vélos déglingos de l’atelier Dynamo, le manège Titanos – un petit bijou de récup’ vu à Pépinière en Fête au NJP – une fanfare punk… Au rayon des nouveautés, le festival propose cette année un «vrai restaurant ». Sous le petit chapiteau rouge et jaune des mordus de cuisine proposeront une cuisine bio et faite maison. Cuisine indienne, couscous et burgers sont d’ores et déjà annoncés… Nouveau festival, nouveaux horaires. Les feux de la rampe s’éteindront à 1h du matin le vendredi, 2h le samedi et minuit le dimanche. Pour ceux qui veulent poursuivre la fête le Totem, à deux pas, propose des afters de minuit à 5h du matin. Le prix d’entrée, lui, reste toujours aussi minus : 5€ la soirée et 3€ pour les concerts du jeudi. Avec ce programme géant et ces prix tout minis, on comprend que les 6000 billets mis en vente partent à a vitesse de la lumière. Un conseil, donc, pensez à réserver à l’avance pour passer un moment « plaisant, bien et super » !

Plus d’infos sur www.cirquegones.com
Festival MIchtô
• Du 23 au 26 octobre au Grand Sauvoy à Maxéville
• Réservations au 06 81 68 59 15 jusqu’au vendredi 24 à midi
• La billetterie sera ouverte du 27 au 23 octobre sur le site du festival de 18h à 19h



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