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Un rêve é(mer)veillé

Après une année de repos, les Rendez-Vous Place Stanislas reprennent des couleurs pour une édition 2016 à la saveur toute particulière. En marge des 250 ans du rattachement de la Lorraine à la France, ce spectacle rend hommage à l’esprit des Lumières tout en éclairant le chemin à venir.

Comme l’agora de la Grèce antique, la Place Stanislas est le centre névralgique de Nancy. Elle est le lieu de rassemblement social, politique, commerçant de la cité ducale. Il ne resterait plus qu’à y ajouter les discours enflammés de tribuns pour s’approcher de l’esprit de l’agora originelle. À la place, elle offre aux regards la beauté de ses bâtiments XVIIIe siècle, classés en 1983 au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco. Imaginée par le duc Stanislas de Lorraine il y a plus de deux siècles, elle réussit encore aujourd’hui à envouter chaque promeneur posant le pied sur ses pavés.

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Poésie illustrée

Même si elle n’en a pas vraiment besoin, il est un évènement qui augmente de façon exponentielle le nombre de ses visiteurs : les Rendez-Vous de la place Stanislas. Depuis leur création en 2007, environ 5 millions de petons (soit 2.5 millions de piétons) se sont mesurés à ce symbole architectural. En 2015, la manifestation se met entre parenthèse, le temps de rénover la toiture de l’Hôtel de Ville, et revient cette année avec un tout nouveau spectacle, aussi novateur sur le plan esthétique que technique. « À travers ce son et lumière, nous recherchons avant tout à traduire l’identité de Nancy d’une manière poétique par les couleurs, les images et la musique », avance le maire Laurent Hénart. « Parmi les trois candidatures restantes en bout de course, nous avons privilégié autant les technologies utilisées que la créativité. Spectaculaire – les Allumeurs d’Image alliait ces deux qualités », ajoute-t-il.

Bain de lumières

En neuf scènes, ces metteurs en couleurs repeignent les cinq façades entourant la statue du duc préféré des Lorrains : l’Hôtel de Ville, les Pavillons Jacquet et Alliot, le Musée des Beaux-Arts et l’Opéra national de Lorraine. Comme ils l’ont déjà fait avec le Palais des Papes d’Avignon, les cathédrales de Chartres, Sens ou Notre-Dame de Paris ou encore lors de la Fête des Lumières de Lyon, les Allumeurs d’Image initient un voyage vivant et virevoltant où les spectateurs croiseront les figures marquantes de l’histoire et de la culture nancéiennes, de la Renaissance à aujourd’hui. Les artistes du mouvement Art Nouveau y côtoieront Jacques Callot et des créateurs lorrains actuels, à l’instar du Chapelier Fou dont un morceau sert de toile de fond sonore à l’une des séquences. Pour nous accueillir, Stanislas en personne ouvre ce bal lumineux par cette invitation semblable à celle de Verlaine, le côté « étrange et pénétrant » en moins : « J’ai fait un rêve … de lumière ». « Tout petit déjà, j’avais peur du noir… Toute ma vie je n’ai donc cessé de chercher la lumière… Toutes les Lumières ». Ainsi, le personnage de Stanislas nous guide dans ce périple magique.

Soutien de l’Unesco

Prévue pour trois ans minimum mais évoluant chaque année, cette toute nouvelle version des Rendez-Vous est marquée cette année par les 250 ans du rattachement de la Lorraine à la France. Dans le cadre de son appui aux entreprises éducatives, de promotion des sciences et de la culture, la Commission nationale française pour l’Unesco offre son patronage à cette manifestation nancéienne d’exception. Pour la mairie de Nancy, ce son et lumières est aussi là pour inciter à poursuivre la visite de la ville, donner l’envie de nouvelles découvertes et, entre autre, d’aborder la programmation liée à cet anniversaire si spécial. L’exposition « La Lorraine pour Horizon » au Palais Ducal est ainsi à suivre tout l’été jusqu’au 31 décembre. Inauguré le 18 juin, le spectacle « J’ai fait un rêve… de lumière » accompagnera les Nancéiens tout l’été, jusqu’au 18 septembre. Exceptionnellement, il fera une apparition remarquée lors de la Saint-Nicolas. Pour la première fois, les Rendez-Vous se dégustent été comme hiver. « Je tiens particulièrement à cette vision d’un patrimoine vivant. Nous travaillons avec la Commission de l’Unesco pour l’inscription de Saint-Nicolas au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. À côté de ces bâtiments classés, il est important de faire place à des fêtes plus populaires », insiste Laurent Hénart.

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Le son du silence

Après un inoubliable concert de Kavinsky en 2013, lors de la soirée de lancement des manifestations « Renaissance », la mairie de Nancy va encore plus loin dans l’originalité. En partenariat avec l’Autre Canal, fournisseur officiel de musiques actuelles, la ville expérimente un concept inattendu : la Silent Party. « Nous avons essayé depuis cette saison de sortir de nos murs. Nous avons proposé à la ville de Nancy d’organiser une soirée électro en extérieur et qui sort un peu des sentiers battus. Ces DJ’s sets vont amener toute leur modernité sur un espace historique reconnu mondialement », s’enthousiasme Henri Didonna, directeur du lieu. Le 18 juin, à la suite du nouveau spectacle, un curieux concert va avoir lieu. En lieu et place des protections auditives, véritables écrans à décibels, les spectateurs devront s’équiper de casques pour entendre la performance de Madben et Bambounou. Un fond sonore sera diffusé place Stanislas mais il ne permettra pas de profiter pleinement de cette expérience. La mairie mettra donc à disposition du public quelques 5 000 casques, à retirer à partir du vendredi 17 juin, de 14h à 20h, à l’Hôtel de Ville ou pour les adhérents de l’Autre Canal dans leur espace de prédilection.

Rendez-Vous Place Stanislas du 18 juin au 18 septembre à 22h45 et du 16 août au 18 septembre à 22h. Accès Libre. Plus d’informations : rendez-vous.nancy.fr

« La Place Stanislas est un écrin magnifique »

Artisan des Rendez-Vous Place Stanislas depuis 2007, Spectaculaires – Les Allumeurs d’Images revient en 2016 avec un troisième spectacle, qui repousse encore plus loin ses propres limites. Franck Marty, directeur artistique, nous donne les clés de cette nouvelle création.

Vous avez inauguré le concept des Rendez-Vous ici à Nancy. Comment est-ce de travailler dans un lieu tel que la Place Stanislas ?

La Place Stanislas est un écrin absolument magnifique. L’espace y est très  grand sans être monumental : l’humain n’y est pas perdu. Cela génère des scénographies très intéressantes. L’Hôtel de Ville de 100 mètres de longueur constitue une belle surface qui attire tous les regards. Il y a aussi une richesse dans les autres façades. D’un soir à l’autre, le spectateur  va arrêter son regard plutôt sur les murs de l’Opéra ou sur celui du Musée des Beaux-Arts et son expérience sera différente à chaque fois. Et puis Nancy tient une place particulière dans nos cœurs. Avant 2007, nous réalisions des spectacles mais avec un tout autre matériel. Nos premiers temps à Nancy coïncident avec le moment où nous nous sommes équipés en vidéo. Celle-ci augmentait nos possibilités créatives. Cette mutation était un sacré risque mais ça a fonctionné. Nancy symbolise le début d’une nouvelle ère pour Spectaculaires.

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Comment avez-vous abordé ce spectacle « J’ai fait un rêve… de lumière » ?

Il est vrai qu’après huit années et deux spectacles très différents à Nancy, nous nous sommes demandé comment nous allions nous renouveler. Avions-nous encore des choses à raconter ? Mais très vite nous avons trouvé une autre entrée. Pour le premier spectacle, le patrimoine artistique nancéien a été notre principale source d’inspiration. Dans le deuxième spectacle, Stanislas faisait le rêve d’une place idéale. Nous étions partis du principe que sous la peau minérale de la place, il existait une mémoire vive. Cette année, nous avons élargi le propos : Stanislas fait un rêve de Lumières. Pour un protecteur des penseurs et des artistes de ce siècle, cela semblait évident de développer cette thématique. Nous étions sur quelque chose de plus grand que la place. Le travail sur l’ombre et la lumière en découle naturellement. Cet angle créatif a été aussi nourri par l’année douloureuse qui s’est écoulée.

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Qu’est-ce que cela implique au niveau technique de projeter des vidéos sur des surfaces aussi grandes que celles des façades autour de la Place Stanislas ?

Le plus difficile est de bien mesurer ses idées au moment de l’écriture du scénario. Cette année, nous avons voulu intégrer au spectacle un comédien jouant Stanislas et un enfant, le petit Stan, qui représente sa version contemporaine. Pour se faire, nous avons dû faire une captation sur fond vert. Cela a nécessité des moyens plus lourds que ce que nous avions imaginé au départ. Les gens ont du mal à se rendre compte mais nous travaillons sur des résolutions gigantesques, de quatre à six fois supérieures à celle d’une grosse production hollywoodienne par exemple, et sur des surfaces de projection énormes. On pousse autant les machines que les logiciels dans leurs derniers retranchements.

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Cette année les cinq façades vont être utilisées pratiquement à égalité. Comment cela a été rendu possible ?

Par rapport au dernier spectacle, nous avons doublé notre résolution d’image et notre puissance lumineuse. Sur un bâtiment, nous sommes obligés de prendre en compte les reliefs et les trous noirs : les fenêtres. Je les appelle ainsi car si un visage passe sur l’une d’entre elles, il disparaît. Ce sont beaucoup de contraintes. En augmentant la résolution et la lumière, nous avons élargi notre spectre de couleurs, de formes, de contrastes. Avec l’ancien système, certains bleus ne passaient plus sur la surface : nous n’avions pas assez de puissance pour lutter contre la pollution lumineuse. Plus aujourd’hui. Par ailleurs, nous avons vraiment travaillé au moment de la création pour étendre les animations aux quatre façades restantes. Le regard des spectateurs va être capté de tous côtés.

Place Stanislas et Renommée 1©Ville de Nancy

Nancy fête Stanislas

Pour les 250 ans du rattachement de la Lorraine à la France, Nancy s’est mis aux couleurs de sa région et propose jusqu’en hiver toute une programmation pour célébrer cet anniversaire. Tour d’horizon des évènements à ne pas manquer !

Plongée dans l’histoire lorraine

Le 18 juin prochain, en même temps que l’inauguration du nouveau spectacle « J’ai fait un rêve… de lumière », le Musée lorrain rend hommage à sa manière aux figures tutélaires de notre région, du duc Renée II à Stanislas. À travers l’exposition « La Lorraine pour Horizon », ce sont plus de deux siècles d’histoire de la Lorraine, avant qu’elle ne soit française, qui se dessinent. Trois cents objets retracent un parcours sinueux, marqué par les guerres et l’avidité de seigneurs étrangers. De la défaite tonitruante du duc de Bourgogne Charles le Téméraire en passant par le passage de l’empereur Charles Quint à Metz, la vie du duché a été parsemée d’embuches avant d’entrer dans le giron du royaume de France. Reconnue d’intérêt national par le ministère de la Culture et de la Communication, cette exposition anticipe les nouvelles dispositions du futur musée en matière de muséographie et d’interactivité avec le public, notamment grâce à des dispositifs multimédias de pointe.

Fermeture les 14 juillet, 1er novembre et le 25 décembre. Tarif plein : 6 € / 4 € (tarif réduit). Informations : 03 83 32 18 74 • musee-lorrain.nancy.fr

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Stan se rebiffe

À l’heure où le street art se fait une place dans les galeries d’art, s’approprier l’espace public pour y glisser une œuvre souvent éphémère est presque un acte de foi. Jef Aérosol, l’un des premiers peintres des rues en France, est aussi à l’aise dans l’un et l’autre des univers. Après la fresque « Giulia » réalisée en juin 2015 par David Walker et le « Street Painting # 8 » du duo suisse Lang/Baumann, la mairie de Nancy mise de nouveau sur l’art urbain pour ajouter une pincée de modernité aux célébrations du 250e anniversaire. La statue de Stanislas aura de la concurrence. En plus de se promener le long des façades entourant la place du même nom, un nouveau spécimen apparaîtra dès le 12 juin sur l’un des murs de l’espace J. Benech dans le jardin Godron à Nancy. Avec cette commande, Jef Aérosol se détourne un moment de ses sujets favoris, artistes, personnalités politiques ou anonymes, pour s’attaquer à un symbole chéri de la Lorraine.

JEFF AEROSOL

Royal jardin

À chaque saison, la Place Stanislas offre une nouvelle facette. L’automne est toujours un creuset de surprises végétales et d’émerveillement avec l’installation du jardin éphémère. Anniversaire du rattachement oblige, la 13e édition s’arrête cette année sur la personnalité du duc de Lorraine Stanislas, passionné de botanique. De la création de la Pépinière royale, actuel parc de la Pépinière, à l’élaboration des Bosquets du château de Lunéville, le Bienfaisant a trouvé dans la nature des sources d’inspiration insoupçonnées. « Stan, royal jardinier » évoque cette passion en quinze scènes végétales. Ces dernières serviront aussi de prétexte pour montrer aux milliers de visiteurs le riche patrimoine horticole lorrain et son développement à travers les âges.

Jardin-Ephémère2015

Et aussi : l’exposition « Il était une fois une ville »

Initié par Sébastien Di Silvestro, « I Will Shoot Your Face » a tout du projet titanesque. Depuis plus d’un an, ce reporter-photographe promène sa « blackbox » aux quatre coins de Nancy pour capturer les récits et visages de mille Nancéiens, soit un aperçu d’un pourcent de la population totale de la cité. Dès le 17 septembre 2016, et jusqu’au 31 octobre, l’exposition « Il était une fois une ville » met en avant les résultats de ce travail au travers de photographies, vidéos et écrits relatant leurs vies, uniques et enrichissantes. Portée par une démarche humaniste, Sébastien Di Silvestro s’attache à prendre le temps de connaître chaque sujet, offrant ainsi une mosaïque d’histoires. Au total ce sont plusieurs dizaines de milliers de photos prises qui devront être sélectionnées pour cette grande exposition sur le site Alstom.

Plus d’infos sur iwsy-face.com • Toutes les informations sur les évènements à venir : nancy.fr

1- Crédits I Will Shoot Your Face - Sébastien Di Silvestro

7 - Crédits I Will Shoot Your Face - Sébastien Di Silvestro

10 - Crédits I Will Shoot Your Face - Sébastien Di Silvestro

Publi-reportage • Photos © Allumeurs d'images,Sébastien Di Silvestro, Ville de Nancy, DR



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