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Notes cuivrées !

Faire découvrir les cuivres au plus grand nombre : c’est l’ambition du festival Festi’cuivres en Meuse. Coup d’envoi de la 15e édition : le 27 janvier prochain.

Trompette, tuba, trombone… mais aussi cor, euphonium ou encore bugle. Tous font partie de la grande famille des cuivres. Ces instruments à vent où le mouvement des lèvres posées sur l’embouchure fait vibrer l’air expiré de sorte à produire un son. Lorsqu’ils entrent en scène, ils sont toujours impressionnants, flamboyants. Les musiciens qui les accompagnent ne font qu’un avec eux et nous éblouissent par leur technique.

Depuis 15 ans, le Festi’cuivres en Meuse a la volonté de mettre en avant ces instruments tombant un peu dans l’oubli. Avec 800 spectateurs l’année dernière, le festival compte faire encore mieux « en attirant 1 000 personnes sur les différents spectacles », explique Raoul Binot, directeur du Conservatoire Intercommunal de Musique (CIM) de Bar-le-Duc, à l’origine de l’événement. En tout, six collectifs seront à l’affiche, du 27 janvier au 4 février, dans quatre villes du département : Bar-le-Duc, Commercy, Ligny-en-Barrois et Gondrecourt-le-Château.

Cuivres, groove, blues…

Cette 15e édition de Festi’cuivres est une véritable invitation à l’émotion du souffle cuivré. « The Brass Machines » en donnera le coup d’envoi. Ces cinq musiciens, avec leurs sons chauds, livrent un véritable cocktail de cuivres, de groove et de blues. Et ils écrasent les idées reçues : nul besoin de guitare pour faire du rock ! Loin des frontières de la Louisiane, c’est pourtant bien dans l’esprit festif de la Nouvelle-Orléans que « The Brass Machine » nous font voyager ! En amont de leur concert, ils animeront deux ateliers dont une audition « rendez-vous des cuivres » et une « création fanfare ». Ça risque de décoiffer ! Puis, l’ensemble de cuivres du Conservatoire de Commercy et « Ens de Cuivres BLMG » Meuse Grand Sud invitera, sur scène, le « Brass Band » du conservatoire et de l’académie supérieure de musique de Strasbourg. Typiquement anglo-saxonne, cette formation a une nomenclature et un effectif très codifiés permettant plus de rondeur et de douceur dans la mélodie. L’occasion de se laisser emporter par des couleurs instrumentales d’une délicatesse insoupçonnée.

Michel Godard, tubiste et serpentiste

Les 2 et 3 février, place à deux collectifs pour le moins… originaux ! « Cuivres… mais chant ! » est un quatuor « improbable », autant par sa composition que par son répertoire. Ici, trois cuivres se rencontrent : la trompette, le cor et le trombone. Trois instruments qui croisent également la route… d’une voix chantée ! Découvrez un spectacle musical plein d’humour et de dérisions !

Dans un autre style, le « Tryphon Brass Trio » aime se tordre et mélanger les tuyaux et autres coulisses. Tels des savants fous, Olivier, Lise et Jean-François alternent entre bricolage et grands concepts. Le cuivre peut-il se changer en or ? Pas sûr, mais toutes ces coulisses et pistons finissent par ressembler à un alambic !

Enfin, le festival se terminera en beauté avec, tout d’abord, l’Orchestre d’Harmonie de Bar-le-Duc. Au programme : le concerto pour tuba d’Alexandre Arutiunian avec ses mélodies rappelant son Arménie natale, le brillant duo de trompettes « Iberian » de Ferrer Ferran, « Cap Horn » d’Otto Schwarz mettant en valeur le cor d’harmonie, « Duo des Fleurs » (extrait de Lakmé de Léo Delibes) dans une transcription pour deux euphoniums solistes. Les quarante musiciens de l’orchestre d’harmonie, placés sous la direction d’Emmanuelle Roth, rendent hommage, à leur façon, à cette grande famille des cuivres.

Michel Godard est un jazzman reconnu mondialement. Virtuose du tuba, il est également l’un des plus grands serpentistes du moment. Il fermera cette 15e édition en compagnie d’Ihab Radwan, spécialiste de l’oud, dans un duo nommé « Doux Désirs ». Un spectacle intimiste qui fera la part belle à l’improvisation, mêlant les styles musicaux des deux artistes, aux sonorités orientales. Parfait pour clore cette 15e édition en douceur mais toujours en musique… cuivrée.

Renseignements : 03 29 79 01 31 ou contactacdim@gmail.com • cimbarleduc.over-blog.com

Entretien avec Raoul Binot

Directeur du CIM de Bar-le-Duc et initiateur du Festi’cuivres

Comment est né le Festi’cuivres ?

L’idée est venue d’une envie des professeurs de cuivres de la région de faire découvrir et de mettre en avant la trompette, le trombone, le cor, le tuba… Tous ces instruments où l’on fait vibrer nos lèvres pour en sortir un son, finalement !

Au début du festival, nous programmions essentiellement des formations locales. Au fil des années, le Festi’cuivres a su attirer des artistes plus connus, venant d’ailleurs. Ce festival, c’est aussi l’occasion d’initier les jeunes et de leur faire découvrir ces instruments. Les conservatoires sont toujours présents mais peinent à avoir des élèves qui s’y intéressent. C’est pourquoi, pendant toute la durée du Festi’cuivres, les professeurs des différents conservatoires du sud meusien dispensent des animations dans les écoles et dans les collèges pour développer leurs connaissances.

Lorsque l’on entend « cuivres », on pense au jazz. Cette 15e programmation est essentiellement jazzy ?

Notre programmation est assez éclectique finalement. Le festival s’ouvre avec la formation « The Brass Machines » qui propose un univers plutôt jazz-funk tiré de la musique de rue. Le lendemain, il y aura le « Brass Band » du Conservatoire et de l’Académie supérieure de musique de Strasbourg qui montre ici une pratique plus classique de la musique. Le Grand Orchestre d’Harmonie de Bar-le-Duc fera la part belle aux solistes cuivres avec, par exemple, un concerto pour tuba, un duo de trompettes… Enfin, pour clôturer cette 15e édition, nous aurons l’honneur de recevoir Michel Godard, l’une des pointures internationales du jazz. Il s’associe avec le oudiste Ihab Radwan pour proposer un spectacle aux sonorités orientales.

Justement, comment choisissez-vous les artistes ?

Nous avons un réseau d’artistes que l’on connait. Après, cela fonctionne beaucoup par le bouche à oreille ! Il y a deux ans, nous avions programmé Hélène Escriva, une jeune artiste qui joue de la trompette basse. Aujourd’hui, elle commence à se faire connaître ! Mais il y aussi une volonté au Festi’cuvires de valoriser des productions locales et régionales et de mettre en avant la pratique amateur. Nous essayons d’avoir un concert « tête d’affiche » mais aussi de proposer des créations, comme cette année, avec la formation « Tryphon Brass Trio » qui proposera un spectacle pour le jeune public.

Le festival s’étend sur tout le grand sud meusien. La volonté de toucher un large public ?

Sur ce territoire-là (Bar-le-Duc, Gondrecourt-le-Château, Ligny-en-Barrois, Commercy…), tous les conservatoires sont mis en réseau. Les professeurs vont d’un établissement à un autre. C’est un territoire animé par cette « culture » des cuivres et il est important pour nous de pouvoir le proposer à un maximum de spectateurs, bien sûr ! Propos recueillis par Pauline Overney

Drôles de tuyaux !

Pour la première fois, le Festi’cuivres programme une création à destination du jeune public. Le « Tryphon Brass Trio » a accepté de relever ce challenge.

Ils forment un trio étonnant. Drôle. Déjanté. Original. Le « Tryphon Brass Trio » réunit trois musiciens : Olivier Tuaillon à la trompette et au bugle, Lise Garnier au trombone et au chant et Jean-François Charbonnier au tuba et au trombone basse. « Le groupe s’est formé en 2015, suite à un bœuf qui a bien tourné ! » explique Olivier Tuaillon. « L’idée était de réunir nos trois trombones différents. » Ils décident alors de créer le « Tryphon Brass Trio » pour « exister en tant que tel mais aussi pour accompagner la compagnie Pagnozoo ». Pendant deux ans, les trois compères jouent dans le spectacle de cirque « Boléro » et guident acrobates et autres dresseurs aux sons de leurs cuivres.

Leur style ? « Une musique bien alambiquée. » Ils oscillent entre une culture jazz et orchestrale, influencés par la musique de Nino Rota et les compositions jazzy de l’Américaine Carla Bley. « Nous avons un répertoire qui mélange valse, tarentelle, musique moderne et jazz contemporain. Un peu à l’image d’un orchestre de cirque » détaille Olivier Tuaillon. Ils seront présents au Festi’cuivres dans un spectacle intitulé « Cuivres en alambic » et aussi dans une création jeune public, spécialement commandée par Raoul Binot, initiateur de l’événement.

Un stock de tuyaux

« Pour la première fois, le festival se tourne vers les enfants pour leur faire découvrir les cuivres. Cela se traduit, dans un premier temps, par des ateliers donnés dans les écoles par différents professeurs de musique et aussi par le spectacle du “Tryphon” le 31 janvier » explique Raoul Binot. Dans cette création, « Tryphon s’emmêle les tuyaux ». Ils ont apporté tout leur stock de tuyaux. Des gros, des petits, des « qui coulissent », des « qui pistonnent ». Ils jouent de la trompette, du bugle, de l’euphonium, du trombone, du tuba, du sousaphone… À chaque combinaison, nait une musique ! « Nous sommes partis de nos morceaux, que l’on a retravaillés pour l’occasion. Nous avons changé les durées et les formes et nous avons réécrit quelques mélodies. » Un concept ludique, un décor amusant, des expériences rigolotes : voici les ingrédients d’un concert jeune public réussi. « Nous travaillons surtout sur notre mise en scène et notre “mis ensemble”. Nous parlons le moins possible pour que les enfants découvrent le plus de choses sans un aspect théorique » ajoute Olivier. Ainsi, les trois « Tryphon » bidouilleront de nouveaux instruments pour proposer une musique différente, réinventée. « Nous faisons ressortir notre identité dans ce spectacle, avec beaucoup d’improvisation et de spontanéité aussi. Nous aimons mettre en avant l’aspect harmonique des cuivres. Chaque timbre a sa richesse. Nous jouons en acoustique pour le plaisir sonore que l’on transmet au public ! » Une musique bien vivante, acoustique et quelque peu intemporelle… Bienvenue dans l’univers du « Tryphon Brass Trio » !

« Tryphon s’emmêle les tuyaux » le 31 janvier à 18h à l’Auditorium du CIM à Bar-le-Duc

Publi-reportage • Photos © Fannyh, Sebastien Guerin, Michel Petit, DR



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