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Transmettre pour exister

Plus que jamais, les métiers d’art sont à la recherche de successeurs faisant perdurer leurs techniques ancestrales. Les Journées Européennes des Métiers d’Art sont l’occasion de faire naître des vocations.

« Futurs en transmission » : les Journées Européennes des Métiers d’Art 2018 (JEMA) prendront la forme d’un printemps des métiers d’art, du 3 au 8 avril prochains. Cette année, l’objectif est d’adresser un message fort aux jeunes générations et d’éveiller leur conscience pour favoriser leur éducation par le geste et la matière, à la découverte d’un patrimoine vivant. Créer des déclics et susciter des vocations : les métiers d’art se réinventent, portent en eux une nouvelle économie et permettent l’épanouissement personnel.

La région Grand Est compte 2 500 entreprises et professionnels des métiers d’art dont plus de 1 200 en Lorraine. Pendant ces JEMA 2018, plus de 300 professionnels ouvriront les portes de leurs ateliers. Forte d’un passé historique avec ces métiers, la région Grand Est s’appuient en effet sur des secteurs de grande tradition à l’image de la cristallerie, du textile, de la céramique ou encore de la pierre, de la vannerie, de la facture instrumentale et, bien sûr, du travail du bois. Consciente de l’importance de l’avenir, la Région montrera qu’elle dispose d’un outil exceptionnel en termes de formation avec plus de 1 000 personnes en formation chaque année ans dans plus de 50 établissements destinés aux métiers d’art. Le futur réside dans la transmission.

Les métiers d’art au musée

Au programme de ces JEMA 2018, un partenariat de la Région Grand Est avec la Métropole du Grand Nancy et ses Musées permet de mettre en valeur les métiers d’art. Ainsi, au Muséum Aquarium, plusieurs artisans montreront le lien qu’ils entretiennent avec le monde animal à l’occasion de la manifestation « L’animal sous toutes ses coutures ». Le Musée de l’Histoire du Fer accueillera, lui, les Compagnons du Devoirs qui assembleront les éléments d’une Tour Eiffel qu’ils ont eux-mêmes fabriqués. L’artiste Stéphanie Abscheidt proposera une démonstration de découpe de métal au plasma. Enfin, le Jardin botanique Jean-Marie Pelt permettra de découvrir la lutherie, un métier d’excellence, en compagnie d’Anne Sophie Trivin, chargée de la collection du musée de Mirecourt et luthière expérimentée et de Catherine Baroin, archetière à Mirecourt. Dans un autre cadre, le superbe château Madame de Graffigny à Villers accueillera des artisans étonnants pour découvrir des métiers d’art qui se font rares.

À la découverte du métal

En Moselle, la ville de Montigny-lès-Metz et Metz Métropole s’associent pour un projet autour du métal qui cultivera toutes les dimensions propres aux métiers d’art et à leur univers. Répartis entre le musée de Metz Métropole et le Château de Courcelles, plus de 20 artisans des métiers d’art vous feront découvrir la grande variété des métiers du métal, du délicat travail de l’or à la feuille au travail de la forge en passant par l’apport du métal aux métiers de la facture instrumentale. Bernard Pouillon, spécialiste de restauration d’automate, Victor Mangeol, restaurateur d’orgues et d’harmoniums ou encore Etienne Cornu, spécialiste du travail des armes seront présents lors de cet événement « D’or et d’acier ». Enfin, puisque le thème de la transmission est toujours dans les esprits, les élèves du Lycée Boutet de Monvel de Lunéville ainsi que les Compagnons du Devoir proposeront des démonstrations en ferronnerie sous le regard avisé des ferronniers Jean-Louis Hurlin, Maître d’art et Jean-Pierre Huguon, tous deux attachés à la transmission de leur savoir-faire exceptionnel.

Tout le programme des Journées Européennes des Métiers d’art : journeesdesmetiersdart.fr • Infos sur les métiers d’art Grand Est : metiersdart.grandest.fr

Entretien avec Bernard Stalter

Conseiller régional délégué à l’Artisanat et Président de la Chambre régionale de Métiers et de l’Artisanat du Grand Est

Que vous inspire le thème de ces JEMA 2018 : « Futurs en transmission » ?

Il illustre parfaitement l’évolution et la transformation, non seulement des métiers d’art, mais de l’artisanat d’une manière générale. La notion de futur n’a jamais été aussi présente : la transmission est le cœur même de l’artisanat. Transmettre notre savoir-faire, accompagner, passer la main… C’est ce qui nous définis, nous, artisans, encore plus en ce qui concerne les métiers d’art, qui pour beaucoup reposent sur des techniques ancestrales.

Peut-on parler de « futur » avec les nouvelles technologies qui se développent ?

Oui, les métiers d’art n’échappent pas à cette évolution. La transition numérique est là : il faut l’accepter et en faire une force. Ces nouveaux outils doivent accompagner le geste, l’optimiser, faciliter la création et la production. Notre réseau de Chambres de métiers et la Région intervient d’ailleurs pour que cette transition soit vécue comme une chance de réinventer son métier : nous proposons chacun une offre de formations adaptée dans ce domaine et spécifiquement à destination des métiers d’art.

Vous avez vous-même commencé dans l’artisanat « classique », en tant qu’apprenti. L’apprentissage est aussi une nécessité dans le secteur des métiers d’art ?

Evidemment. Le geste, la technicité, la précision : cela se transmet et s’acquiert par la pratique, le contact, l‘accompagnement et la passion d’un professionnel. Je trouve essentiel de valoriser davantage le rôle des maîtres d’apprentissage. Je me suis battu auprès du Gouvernement pour que, au sein de la réforme de l’Apprentissage, leur travail soit reconnu et valorisé. Et il va l’être : une certification de maître d’apprentissage sera créée. J’aimerais que ça aille plus loin : de leur investissement dépend la qualité d’un apprentissage, c’est normal qu’ils soient récompensés.

Que met en place la région Grand Est pour valoriser l’apprentissage dans l’artisanat d’art ?

La valorisation de l’apprentissage est un enjeu majeur en 2018. Nous fédérons et mobilisons les différents acteurs (éducation nationale, professionnels de l’orientation, organisations professionnelles, entrepreneurs, CFA…) pour les sensibiliser à cette voie, pour qu’ils la connaissent et la maitrise mieux. Il faut une meilleure orientation et ne plus faire de choix par défaut : 1,3 million de jeunes ne sont ni en formation, ni en situation d’emploi alors que l’Artisanat recrute : 700 000 postes sont à pourvoir !

Côté métiers d’art, la Région Grand Est, accompagnée de la CRMA Grand Est et des Chambres départementales, est en train de créer un répertoire des professionnels des métiers d’art qui sera la base du nouveau portail unique metiersdart.grandest.fr , une vitrine de l’artisanat d’art qui regroupera les professionnels, les lieux de valorisation et toutes les manifestations dédiées à cette thématique ainsi qu’une liste complète de formations.

Les métiers d’art ont alors de beaux jours devant eux ?

C’est évident : il y a un engouement grandissant du public pour ce secteur. Les manifestations se développent, les médias s’intéressent, les jeunes se découvrent de véritables vocations. La CRMA Grand Est, soutenue par la Région, organise d’autres d’événements : nous permettons à des artisans d’art du Grand Est de participer chaque année au Salon International du Patrimoine Culturel au Caroussel du Louvre et tous les ans, le salon Essences & Matières* met en valeur l’excellence artisanale de notre Région. Alors, oui, les métiers d’art auront toujours de beaux jours devant eux. Propos recueillis par Pauline Overney

*en 2018, les 16,17 et 18 novembre à Nancy

Portraits d’artistes

Michaël Maio, céramiste à Dombasle-sur-Meurthe

Cela fait un an que Michaël Miao a ouvert son atelier de céramique à Dombasle. Lui s’est lancé dans ce métier d’art à la suite d’une reconversion professionnelle : « Je voulais faire des choses plus concrètes. Après voir testé la peinture et le dessin, j’ai travaillé un pain d’argile. J’y ai pris goût. J’ai donc suivi une formation de 3 ans en Bourgogne. » Sa technique de prédilection : le mishima. Michaël crée des motifs en incisant la porcelaine qu’il remplit d’engobe. « Les engobes sont constitués d’argile colorée, ce qui donne un résultat de style japonisant, très esthétique. » Michaël Maio exposera au Château Madame de Graffiigny à Villers-lès-Nancy les 7 et 8 avril prochains pour les JEMA 2018. « Cette manifestation me permet de rencontrer le public, de présenter mes créations et de communiquer sur ma technique. Je ferai aussi quelques démonstrations car les gens sont généralement curieux. » L’artiste propose également des cours individuels, pour débutant ou initié, pour se perfectionner sur la technique du tournage. 

Retrouvez Michaël Maio sur sa page Facebook @ateliermichaelmaio • Renseignements : 06 99 40 70 29 ou atelier.michaelmaio@gmail.com

Jean-Marc Pascual, Le relieur du Faubourg à Flavigny

Il y a 11 ans, Jean-Marc Pascual quitte son travail dans l’animation pour s’engager dans une reconversion professionnelle. « J’ai obtenu un CAP des Arts de la reliure et de la dorure aux Ateliers d’Or en Bourgogne. Je me suis ensuite installé en Lorraine. » La reliure lui correspondait : maîtriser une technique manuelle, travailler dans un environnement à taille humaine, avoir un pied dans l’artistique et la création. Dans son atelier, Jean-Marc Pascual restaure des ouvrages, crée des reliures pour protéger les livres et propose également des formations pour débutant ou initié. Le relieur participera à la manifestation « L’animal sous toutes ses coutures » au Muséum Aquarium les 7 et 8 avril. « Le relieur a deux relations au monde animal : déjà avec le matériau qu’il utilise. C’est souvent du cuir. Ici j’utilise de la peau de chèvre ou de buffle. Mais il y a aussi les insectes : ce sont eux qui détruisent nos ouvrages en dévorant le bois ou le papier par exemple. » Jean-Marc Pascual présentera donc des ouvrages dégradés par des insectes et fera des démonstrations de restauration.

Retrouvez Jean-Marc Pascual sur lerelieurdufaubourg.com • Renseignements : 06 73 27 19 39 ou lerelieurdufaubourg@free.fr

Les rendez-vous d’exception

C’est la nouveauté de ces Journées Européennes des métiers d’art 2018 : des « Rendez-vous d’exception » à la découverte d’ateliers… exceptionnels.

Visite des ateliers couture et des coulisses de l’Opéra national de Lorraine à Nancy

Lors de ces JEMA 2018, l’Opéra national de Lorraine fait le plaisir d’ouvrir les portes de ses ateliers coutures en compagnie de sa responsable, Valérie Simon, qui partagera son savoir-faire avec les visiteurs. Ces petites mains œuvrent pour chaque représentation et veillent à ce que le spectacle soit des plus magiques ! Pour ceux dont ce serait la première expérience, ces visites vont permettre d’apporter des clés d’entrées, ne nécessitant pas obligatoirement des connaissances particulières dans ce domaine, en proposant à chacun de découvrir ce qu’il se cache en coulisses.

Les 4, 5 et 6 avril sur inscription : 03 83 85 33 11 ou noemie.defreitas@opera-national-lorraine.fr (en précisant la date du rendez-vous souhaité)

Garnier-Thiébaut, fabricant de linge damassé

Depuis 185 ans, Garnier-Thiébaut (Vosges) conçoit et tisse ses collections de linge de maison damassé en maîtrisant l’ensemble des étapes de production. Gardienne de l’artisanat d’art vosgien, l’entreprise est labellisée « Entreprise du Patrimoine Vivant » depuis 2006 et est agréée « Vosges, terre textile® » garantissant une provenance réelle de qualité, d’innovation et de savoir-faire. Lors des JEMA, participez à une visite commentée des ateliers de la Maison à la découverte des étapes de la fabrication d’une nappe en coton damassé, depuis la préparation des fils et jusqu’au tissage, de confection à l’expédition.

Les 4 et 5 avril sur inscription : 03 29 60 30 59 ou mag.kichompre@garnier-thiebaut.fr (en précisant la date du rendez-vous souhaité)

Manufacture Bianchi Artisans Créateurs, Horloger Joaillier

C’est à Maizières-lès-Metz que la Manufacture Bianchi imagine, crée, réalise, répare, transforme des bijoux exceptionnels, travaille les perles, les pierres précieuses et redonne vie aux horloges et montres anciennes. En 2015, le savoir-faire de la maison Bianchi en horlogerie et joaillerie est reconnu par l’Etat français qui lui décerne le label « Entreprise du Patrimoine Vivant » (EPV). Cette année, l’entreprise fête ses 40 ans et ouvre les portes son atelier de 1 100 m2 lors des JEMA 2018. De la conception à la réalisation, découvrez le savoir-faire d’un artisanat authentique et moderne.

Les 3, 4, 5 et 6 avril sur inscription : 03 87 80 37 42 ou mariabianchi@hotmail.fr (en précisant la date du rendez-vous souhaité)

Publi-reportage • Photos © J-M Pascual, Pascal Bodez / Grand Est, 
C2images pour l'Opéra national de Lorraine, Garnier Thiébaut, DR



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