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Le collectif Dumb Type s’expose à Pompidou

La saison japonaise au Centre Pompidou-Metz se poursuit avec un troisième volet : « Dumb Type. Odyssée extra-sensorielle » jusqu’au 14 mai.

Depuis septembre 2017, l’archipel nippon est au centre de toutes les attentions au Centre Pompidou. Après les expositions « Japan-ness » et « Japanorama », place au troisième temps de cette saison avec une exposition consacrée au collectif Dumb Type, pionnier des nouvelles technologies mises au service de l’art. Il s’agit de la première exposition monographique de cette ampleur dédiée à ce collectif d’artistes en France.

Dumb Type a été fondé en 1984 au Japon par des étudiants du Kyoto City Art College. Ce collectif pluridisciplinaire rassemble aujourd’hui architectes, ingénieurs du son, vidéastes, danseurs, musiciens, chorégraphes, performeurs… La démarche et la composition même de la compagnie sont uniques au monde. En réaction à une société japonaise de plus en plus superficielle, consacrée aux médias, à la consommation ou à la technologie, Dumb Type répond avec un théâtre expérimental dans lequel le corps des performeurs est le support des images, des sons et des décors. Aseptisée et implacable, la technologie qui prolifère dans les pièces de Dumb Type formate les corps et éprouve les esprits.

Cinq installations

Le Centre Pompidou-Metz et la commissaire de l’exposition, Yuko Hasegawa (par ailleurs directrice artistique du Musée d’art contemporain de Tokyo), présentent cinq grandes installations de Dumb Type pour ce troisième volet. Une de ces œuvres est inédite, produite spécialement pour l’occasion. Elle rassemble les reconstitutions de trois performances de Dumb Type conçues avant la mort de Teiji Furuhashi, figure centrale du groupe : PleasureLife (1988), pH (1990) et S/N (1994). L’installation Lovers (faisant partie de la collection permanente du Museum of Modern Art de New York) a également été créée par Furuhashi. Le spectateur entre dans une pièce close, où sont projetés le long des quatre murs les corps d’hommes et de femmes nus, s’embrassant, tombant, disparaissant. La silhouette de l’artiste vient également à la rencontre du visiteur, avant de s’évanouir au moment de l’étreindre.

Dans un autre registre, Data.tron est une installation audiovisuelle immersive de Ryoji Ikeda créée en 2007. L’artiste explique que « pour Data.tron chaque pixel de l’image est strictement calculé selon des principes mathématiques combinant les mathématiques pures au vaste océan de données présentes dans le monde ». La quatrième œuvre est Toposcan, de Shiro Takatani, chargé des aspects visuels et techniques des projets de Dumb Type. Composée de huit moniteurs 16/9 alignés, l’œuvre propose la vision panoramique d’un paysage, où se révèle la structure digitale du médium choisi par l’artiste : la vidéo haute définition. Enfin, la dernière installation s’intitule MOV et rassemble sur un écran de 16 mètres de long les images et les sons de trois spectacles, tous réalisés après la mort de Teiji Furuhashi, récapitulant dans une œuvre nouvelle la mémoire du collectif Dumb Type.

Cette exposition, visible jusqu’au 14 mai, referme, en beauté, la saison japonaise du Centre Pompidou-Metz en parallèle des trois derniers « Evening » permettant de rencontrer des figures emblématiques du Japon contemporain dans le domaine des arts vivants.

Renseignements et réservation : 03 87 15 39 39 ou centrepompidou-metz.fr • Tarifs : de 7 € à 12 €

Photos © Arno Declair, Kazuo Fukunaga, Yoko Takatani DR



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