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Le Beau selon Fernand Léger

Le centre Pompidou-Metz propose une exposition « Le Beau est partout » rendant hommage à Fernand Léger, peintre de la ville et de la vie moderne, à partir du 20 mai. 

« Il n’y a pas le beau, catalogué, hiérarchisé. Le Beau est partout, dans l’ordre d’une batterie de casseroles sur le mur blanc d’une cuisine, aussi bien que dans un musée. » Les mots de Fernand Léger résonnent comme un hymne à la liberté du regard. Artiste du XXe siècle à la personnalité pluridisciplinaire, Léger était fasciné par son temps et témoin des profondes mutations de son époque. Dans le cadre des 40 ans du Centre Pompidou, le Centre Pompidou-Metz lui rend hommage à travers une rétrospective réunissant une centaine d’œuvres majeures. Ce parcours thématique met en lumière sa recherche inlassable pour réinventer la peinture en la faisant sortir du cadre et explore les liens qu’il entretient tout au long de sa carrière entre peinture et poésie, mais aussi cinéma, architecture, cirque et spectacle vivant. L’exposition révèle les différentes facettes de son travail et montre l’homme qu’il a été : théoricien de la peinture, enseignant passionné dans un atelier où se formeront de nombreux artistes, voyageur au sens aigu de l’observation et artiste engagé en faveur du progrès social.

Intensité de la vie moderne

Fernand Léger est l’une des figures les plus célèbres de l’aventure de la modernité. De l’avant-garde cubiste à l’engagement communiste, sa peinture reste associée à la vision d’une humanité transfigurée par la machine et la production en série. Le parcours de l’exposition se décline en 6 temps. En préambule, justement, cette fascination par l’intensité de la vie moderne. Le spectacle du paysage urbain en pleine mutation avec le bruit et la vitesse des automobiles ainsi que les couleurs vives des réclames sur les murs devient vite une source d’inspiration pour l’artiste. Le visiteur poursuit sa route sur le thème de la poésie et de l’écriture. Fernand Léger partage avec les poètes de l’avant-garde une même fascination pour une poésie urbaine en constant renouvellement dans ses formes et sa typographie. Il collabore avec Guillaume Apollinaire ou Blaise Cendrars, l’un de ses plus proches amis. Puis, l’exposition s’attarde sur ses expériences cinématographiques, l’art de la modernité selon lui. Il réalise en 1924 avec Dudley Murphy « Ballet mécanique », « premier film sans scénario ». Les objets de la vie courante, agrandis, deviennent les personnages principaux de grandes natures mortes.

L’art dans la vie quotidienne

En quatrième temps de cette exposition, on découvre l’œuvre de Fernand Léger associée au spectacle vivant. Il collabore tout au long de sa vie avec des metteurs en scène, chorégraphes et compositeurs. C’est au cirque en particulier que le peintre puise son inspiration pour imaginer un espace scénique dynamique. Léger privilégie l’image des danseurs et acrobates dont l’anatomie peut, par excellence, se déboîter et se plier à la composition. Enfin, l’artiste entretenait un rapport privilégié à l’architecture. Ses œuvres des années 1920 privilégient des formes géométriques et des aplats colorés directement liés à des motifs architecturaux. Son désir : faire entrer la couleur dans la vie. Pour cela, il collabore avec des architectes comme Le Corbusier par exemple.

A travers cette rétrospective, le visiteur apprend à connaître ce peintre avant-gardiste dont l’envie est de populariser l’esthétique moderne en dehors des musées et d’un monde bourgeois. Son œuvre témoigne d’une profonde empathie pour les milieux populaires, leurs loisirs et leurs conditions de vie. Une exposition accessible au plus grand nombre donc, suivant l’un des idéaux de Fernand Léger : faire entrer l’art dans la vie quotidienne.

Réservations : centrepompidou-metz.fr

Photos © Centre Pompidou, MNAM-CCI-Jacques Faujour-Dist. RMN-GP / Philip Bernard, DR



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