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De la philantropie à la misanthropie

Timon d’Athènes est un classique shakespearien résolument actuel où il est question de pouvoir, de décision et de liberté. À découvrir les 11 et 12 janvier au Théâtre Gérard Philipe.

Les metteurs en scène Cyril Cotinaut et Sébastien Davis ont choisi l’une des pièces les plus fascinantes de Shakespeare, portée sur scène par six acteurs au talent indéniable. Ecrite en 1607-1608, par William Shakespeare et Thomas Middleton, Timon d’Athènes relate la vie de Timon, riche citoyen d’Athènes et son basculement de la philantropie à la misanthropie.

Timon est riche. Plutôt que de garder sa richesse pour lui-même, il la dépense dans le but d’améliorer la vie des autres. Soudainement ruiné, accablé de dettes, Timon se tourne vers ses « amis ». Trahi, il s’exile en hurlant à la face du monde sa rage et sa haine de l’humanité. Dans son dénuement, le hasard met sur sa route une mine d’or. Cet or, autrefois utilisé à procurer du bonheur, devient alors le poison d’une société au bord de sa destruction, en proie au désordre, à la peur, au nationalisme. Dans un monde en crise, Shakespeare montre que l’argent est une divinité difficile à vaincre et révèle, à travers le parcours de Timon, comment l’homme le plus doux, le plus humaniste, peut se transformer en bête sauvage.

Théâtre de réflexion

Dans cette nouvelle adaptation, les deux metteurs en scène font le pari de mêler l’actualité à une tragédie qui puise ses racines dans la Grèce antique. Ils bâtissent un théâtre de réflexion à partir d’un long travail d’improvisation avec leurs acteurs. Rachel Verdonck, la scénographe, a choisi d’abord le décor chargé d’un intérieur permettant d’y entreposer les vêtements pour les changements de rôle. Dans un joyeux mouvement de valse, tout ce qui appartenait à Timon lui est volé et le plateau devient alors espace vide, propice au dialogue philosophique. Le résultat donne une pièce profonde, piquante, parfois joyeuse et agrémentée de performance d’acrobates et de danseurs et de mélodies de Purcell traduites en musique contemporaine. Le but de l’homme ne serait pas d’accéder à la liberté, finalement ?

Les 11 et 12 janvier à 20h au TGP Frouard • Infos et réservations : tgpfrouard.fr ou 03 83 49 29 34

Publi-reportage • Photos © DR



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